Ubuntu Party à Sarrebourg le 28 novembre !

Ubuntu Party 2009 à Sarrebourg

Comme l’an dernier, nous fêtons la sortie de la nouvelle version d’Ubuntu, joliment nommée Karmic Koala, en organisant une Ubuntu Party à Sarrebourg, en Moselle. Devant le succès de la précédente édition, nous proposons cette fois-ci des conférences sur le logiciel libre, la retouche d’image ou encore la musique assistée par ordinateur, et nous installerons Ubuntu sur les ordinateurs des visiteurs qui le souhaiteront. Comme la dernière fois, divers stands permettront de voir Ubuntu en action dans différents domaines, et les bénévoles, plus nombreux, seront toujours ravis de répondre aux questions de tous. Cette journée se veut ouverte à toutes les personnes curieuses, qu’elles soient novices ou plus expérimentées.
L’événement se déroulera samedi 28 novembre 2009 de 10 heures à 17 heures, au centre culturel de Sarrebourg.

Ubuntu Party 2009 à Sarrebourg

Les démonstrations

Au travers de cinq stands, nous montrerons les possibilités offertes par les logiciels libres et plus spécifiquement Ubuntu. Vous pourrez ainsi voir la distribution en action au travers de ces stands :

  • Bureautique,
  • Graphisme,
  • Multimédia,
  • Jeux et
  • Éducation.

Vous pourrez y tester par vous-même les logiciels libres et poser vos questions aux animateurs de la Party.

Ubuntu Party 2009 à Sarrebourg

Les conférences

La journée sera ponctuée de conférences, qui se dérouleront dans une salle voisine et dont voici la liste et les horaires :

  • 10H30 : Logiciels libres, par les membres du LUG de Nancy,
  • 13H15 : The Gimp pour la retouches d’images, par Jean-Paul Willm,
  • 14H30 : Logiciels libres (deuxième édition), par les membres du LUG de Nancy,
  • 16H00 : Musique assistée par ordinateur (MAO), par Olivier du LUG de Nancy.

Ubuntu Party 2009 à Sarrebourg

L’installation

Nous vous proposerons aussi, cette année, d’installer Ubuntu sur votre ordinateur. Afin que cela demeure ludique, nous vous proposerons même de l’installer vous-même, guidé et épaulé par les animateurs de la Party. Vous constaterez ainsi la simplicité d’installation et pourrez poser les questions qui vous viennent à l’esprit.
Si vous êtes tenté par l’installation, veuillez vous inscrire préalablement sur cette page, où vous trouverez également des informations utiles.

N’hésitez donc pas à venir nombreux au centre socio-cultrel de Sarrebourg, samedi 28 novembre, de 10 heure à 17 heure : vous êtes tous bienvenus !

En route vers l’Australie : Karmic Koala

Koala

À quelques jours de la sortie en version finale d’Ubuntu 9.10, joliment nommée Karmic Koala (pour une fois qu’on a un nom qui sonne à peu près bien, on ne va pas se plaindre !), je vous propose mes impressions après l’avoir installée et testée en RC, hier. Comme d’habitude, cette nouvelle mouture apporte son lot de modifications et de nouvelles versions de logiciels, le tout demeurant bien entendu toujours très bon. Voilà ce qui a attiré mon attention, cette liste est bien entendu loin d’être exhaustive.

L’installation

Je passerai vite sur l’installation, étant donné qu’il n’y a pas grand chose de nouveau, si ce n’est durant la relativement longue période d’installation proprement dite le défilement d’un diaporama présentant Ubuntu. Voyez par exemple cette capture ;

installation

Un thème Human, All Too Human

ApparencePremière nouveauté frappante : un nouveau thème, enfin ! Quoique… On nous avait promis l’abandon du brun qui avait pourtant largement participé à l’image d’Ubuntu, au début de la phase de développement. Ce thème human, pourtant, ne me dérangeait pas tellement. Certes, il divisait les ubunteros comme Dreyfus divisa les Français, entre fanatiques qui adorent et fanatiques qui détestent, sans qu’on ne trouve personne au milieu, mais moi je l’aimais bien. Voilà qu’on nous propose un marron trop foncé, noirâtre, et n’y allons pas par quatre chemins, très moche ; non content de ne pas réellement changer de thème (parce bon, ce n’est pas une révolution, juste un assombrissement : on passe du brun clair au marron foncé, sans grand chose de plus), je le trouve nettement moins esthétique que le précédent. Mais enfin, de gustibus et coloribus non disputandum, et puis on peut retrouver d’autres thèmes, dont notre human à beau brun, dans les préférences de l’apparence.
On reste quand même un peu sur sa faim : à quand un réel changement du thème, un changement en profondeur ?

La « logithèque » Ubuntu : un Software Center ambitieux

Capture-Logithèque Ubuntu

Autre nouveauté visible, en lieu et place de l’entrée « Ajouter/supprimer des programmes… » qui avait fait son temps, on trouve une entrée « Logithèque Ubuntu », dont les buts sont sensiblement les mêmes. Le logiciel en question, Software Center, développé par Michael Vogt, en est encore à ses débuts. Il remplace actuellement le programme d’ajout/suppression de logiciels, mais a pour vocation, à terme, de supplanter Synaptic, gdebi, et même de proposer l’achat de logiciels commerciaux.
C’est donc un projet très ambitieux qui en est encore à ses balbutiements, mais qui est d’ors-et-déjà très prometteur.

GNOME 2.28 : l’erreur empathy

Ubuntu 9.10 intègre la dernière version GNOME, à savoir la version 2.28. Parmi les nouveautés apportées par cette version, on retrouve un GDM réécrit en profondeur par William Jon McCann et nettement plus agréable à l’usage, ainsi qu’un renforcement de la sécurité du lecteur PDF Evince au moyen d’AppArmor.

empathy
pidgin

GNOME 2.28 apporte aussi une nouvelle mouture du client de messagerie instantanée empathy, que les développeurs d’Ubuntu ont cru bon d’intégrer à Karmic Koala, en lieu et place de Pidgin. C’est à mon sens une grosse erreur de jugement. Bien sûr, empathy est le client du projet GNOME ; bien sûr son évolution ces derniers temps a été assez fulgurante, mais force est de constater qu’il est encore trop buggé, trop peu configurable pour une utilisation en production. Pidgin le surclasse encore clairement et je pense qu’il était trop tôt pour le remplacer par empathy. Ce dernier a en tout cas bien vite disparu de ma machine, remplacé par son pigeon de prédécesseur, à mon grand soulagement.

La tête dans les nuages avec Ubuntu One

Karmic Koala intègre désormais Ubuntu One, le logiciel de synchronisation de Canonical. Le client Ubuntu One va en fait de pair avec le site Ubuntu One et permet de synchroniser et de partager vos données via les serveurs de Canonical. Ainsi, vous pourrez accéder à certains de vos fichiers où que vous soyez, ou en donner l’accès à vos amis : c’est le principe du cloud computing. ;) L’entreprise anglaise propose deux service, l’un gratuit, avec un espace de 2 GB, l’autre payant mais offrant un espace de 50 GB.

Firefox 3.5 et les lecteurs vidéos libres

Autre nouvelle version très attendue, celle de Firefox. Le petit panda roux de Mozilla propose en effet, dans cette version 3.5 (depuis la 3.1, en fait), en plus de nombreuses améliorations, l’implémentation de la balise <video> prévue par HTML5 (HTML5 dont on nous dit d’ailleurs qu’il sera à peu près finalisé pour 2012, on a le temps de voir venir). Cela permet de s’affranchir de flash pour la lecture de vidéos sur internet. DailyMotion joue le jeu (voir http://openvideo.dailymotion.com/fr, encore en bêta) en proposant un lecteur 100 % libre. N’hésitez pas à vous extasier sur l’exemple proposé par le site français !

Autres modifications notables…

  • Karmic Koala utilisera le noyau Linux en version 2.6.31. Maître-mot de cette nouvelle version du noyau, la performance est au rendez-vous. On notera aussi l’arrivée de l’USB 3.0, officiellement pris en charge par Ubuntu 9.10.
  • Accélération du démarrage au travers d’Upstart.
  • Arrivée de GRUB 2, qui remplacera GRUB legacy dont il est une réécriture complète.
  • Utilisation d’ext4 comme système de fichiers par défaut.

Canonical et les milliers de développeurs et de testeurs d’Ubuntu de par le monde nous gratifient donc là d’un système d’une excellente qualité, composé des dernières versions de nos logiciels favoris. Seul point d’ombre, cependant, mais non des moindres : le choix d’intégrer empathy, alors que ce dernier ne semblait pas encore prêt.
Ubuntu Karmic Koala reste cependant un très bon cru.

Big Brother is watching you

Quand on défend les libertés, on est souvent accusé, à tort, de crier « au loup ». Souvent, quand on cherche l’image qui illustrera nos arguments, on pense à 1984 d’Orwell. Souvent, aussi, on s’entend répondre qu’on exagère.
Oui mais voilà, quand c’est un grand quotidien national, qu’écris-je, quand c’est le journal dit « de référence » qui s’empare du sujet des libertés fondamentales, on ne peut s’empêcher de penser « Eh bien… C’est ce que je disais… » Et ça n’en fait que plus froid dans le dos. Alors que les députés achevaient l’examen du projet de loi Hadopi 2, la CNIL a publié son avis sur le projet de loi Loppsi II. Et cet avis d’être repris par Le Monde dans un éditorial bien nommé : « Cyber Brother ».

« “Big Brother vous regarde.” Le cauchemar totalitaire décrit, en 1948, par George Orwell dans 1984 n’est pas encore une réalité. Mais on assiste à une extension du profilage des citoyens, très inquiétante au regard des libertés. Les logiciels-espions de la police se banalisent. Cyber Brother s’installe chez vous, dans notre vie privée. Le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi II), qui sera débattu en fin d’année, va permettre à la police, dans le cadre d’une information judiciaire et “sans le consentement des intéressés”, d’accéder à “des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre”. Pas moins. »

Pour lire la suite, rendez-vous sur le site du Monde

Et Le Monde de conclure son éditorial : « Où est la limite à ces intrusions dans la vie des Français ? Nous sommes prévenus : Big Brother est là, tout près. »

Cet éditorial fait écho à un article, dans ce journal, intitulé « Les logiciels-espions de la police inquiètent les gardiens des libertés » et qui revient largement sur l’avis très inquiétant rendu par la CNIL. À lire absolument, donc.

Appel à contribution : Ubuntu Party à Sarrebourg (Moselle)

Ubuntu Party

Suite à la réussite de notre première Ubuntu Party, le 22 novembre 2008, nous avons décidé de remettre ça un an après. Nous allons donc organiser une Ubuntu Party le samedi 28 novembre 2009, au même endroit que l’an passé, à savoir le centre socio-culturel de Sarrebourg (situé dans le quartier Malleray), en Moselle.
Nous sommes donc actuellement à la recherche d’Ubunteros ou d’amateurs de logiciels libres qui voudraient participer à cette journée pour présenter au public les logiciels libres, GNU/Linux et Ubuntu, et les installer sur les ordinateurs des visiteurs qui le souhaitent. Toute aide sera la bienvenue, étant donné que nous ne sommes pas nombreux !
Si vous êtes intéressé(e) pour nous aider à la réalisation de cette deuxième rencontre, que ce soit en étant présent, en prêtant du matériel, en en faisant la publicité, ou autre chose, n’hésitez donc pas à nous contacter.

Je conclus ce billet sur une avant-première mondiale (oui, oui ^^), voilà l’affiche que j’ai réalisée pour l’occasion, mais qui sera encore modifiée par la suite ; n’hésitez pas non plus à me donner votre avis dessus :

Affiche de l'Ubuntu Party

Hadopi, PPPLAI de la création…

Avant-hier, en fin d’après-midi, les députés ont achevé l’examen des articles du projet de loi « Protection Pénale de la Propriété Littéraire et Artistique sur Internet », mieux connu sous l’appellation « Hadopi 2 », puisqu’il s’agit du patch à la loi « Création et Internet », dite « Hadopi », largement censurée par la décision 2009-580 DC rendue le 10 juin 2009 par le Conseil Constitutionnel. Le vote solennel sur l’ensemble du texte interviendra en septembre prochain. Les débats ont occupé les parlementaires durant quatre jours étant donné que les députés de gauche avaient déposé près de 900 amendements. Reprenant Bismarck, le député socialiste Didier Mathus a déclaré jeudi matin dans l’hémicycle : « Nous avons le choix entre une fin désastreuse et un désastre sans fin. » J’aimerais développer un peu cette idée ; les députés sont en effet confrontés à un dilemme terrifiant.

Il convient tout d’abord de souligner qu’à l’heure actuelle, l’industrie du disque périclite. Cette industrie meurt à petit feu pour la simple et bonne raison qu’elle se refuse à évoluer. Les majors se complaisent en effet dans un modèle économique déclinant, basé sur une vision archaïque de la propriété intellectuelle largement remise en cause par les nouvelles technologies et Internet. Auparavant, le CD contenait l’œuvre, le CD était l’œuvre. Imaginons que traîna sur votre bureau un CD audio. Si quelqu’un vous le prenait, vous ne l’aviez plus. Désormais, à l’ère du numérique, l’œuvre peut être copiée et partagée, à l’infini. Alors qu’avant on pouvait attacher l’œuvre à un objet, et donc vendre, non l’œuvre, mais l’objet, il est désormais impossible de restreindre la diffusion à une prison matérielle telle qu’un CD. Face à cette évolution, qui s’est rapidement ancrée dans les mœurs, il convient de réfléchir à l’évolution de la propriété intellectuelle et à de nouveaux moyens de rémunérer les créateurs, plutôt que de tenter de revenir en arrière pour conserver les anciens modèles. Sans évolution, les majors sont clairement condamnées, à plus ou moins long terme. Ces industries sont cependant le support de la création, et à travers elles, c’est la création qui pâtit. Si rien n’est fait, on assistera donc à la « fin désastreuse » de la création, les majors l’entraînant dans leur chute, à moins bien sûr que les artistes ne s’en désolidarisent à temps. Le problème est là, mais la solution que tente d’y apporter le gouvernement est manifestement mauvaise.
En effet, au lieu de faire preuve de courage politique et d’innovation en cherchant à faire évoluer la propriété intellectuelle à l’aune du XXIème siècle pour l’adapter à l’ère numérique, il s’entête à conserver, défendre et protéger des modèles d’un autre temps par une répression de masse, à contre-courant de l’évolution technologique. Vous me ferez remarquer, c’est peut-être pour cette raison qu’on les dit « conservateurs »… Eh bien qu’il me soit permis de rêver d’un Parlement Weight Watcher, c’est-à-dire sans conservateurs ! Toujours est-il que les lois Hadopi 1, puis 2 (et rien n’indique que c’est terminé) sont clairement conservatrices. Que font-elles ? Ces lois mettent en place une milice privée (la Hadopi), chargée de traquer les internautes partageurs qu’on se plaît à nommer pirate.
Mais que sont les pirates ? Le jeune qui télécharge, derrière son écran, les musiques que ses copains écoutent parce qu’il n’a pas les moyens de se les payer, parce qu’il ne peut pas se rendre aux magasins pour les acheter, ou que sais-je, mérite-t-il le même qualificatif que ces loups de mer somaliens qui pillent et tuent ? En employant le terme « pirate », le gouvernement stigmatise déjà de manière sémantique les internautes que je qualifierai, pour ma part, de partageurs. C’est moins épique, ça sonne moins bien, désolé, mais c’est plus juste.
Les lois Hadopi mettent donc en place une milice privée qui traquera les internautes, et les fera condamner, en masse, en ayant pour cela recours à l’ordonnance pénale et au juge unique. « Juge unique, juge inique. » Le but est clair, il s’agit de contourner la Justice. Et la sanction, elle aussi, est scandaleuse. Il s’agit de couper la connexion internet du partageur, comme on couperait la tête de l’assassin si Badinter n’était pas là. On annihilerait donc, parce qu’il a partagé, la liberté d’expression de l’internaute, l’une des plus fondamentales pour que se maintienne la Démocratie, simplement parce qu’on a trouvé son adresse IP (dont on connait la fiabilité…) Voilà ce que dit la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui a valeur constitutionnelle, dans son article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi. »
Cette loi votée, on entre donc bien en plein dans la seconde option qui s’offre au législateur, le « désastre sans fin ».
Cependant, ce désastre sans fin à la frontière de l’autoritarisme risque fort bien de n’être que fantasme. En effet, il y a encore quelques principes de base dans notre pays, il y a encore la Constitution de De Gaulle, et si l’on en croit l’éminent professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau (son nom lumineux est tout trouvé !), le texte d’Hadopi 2 est hautement inconstitutionnel. C’est une première barrière, qui risque d’être dur pour les ministres de la Culture et de la Justice. De plus, il faut raison garder : ce texte sera, même s’il n’est pas censuré, inapplicable. En effet, il est déjà en partie dépassé, puisque le streaming est actuellement en train de supplanter le P2P pour ce qui est de l’écoute ; que l’IP ne saurait être une preuve (n’en déplaise à la 3ème chambre du TGI de Paris) ; et qu’il existe, comme le soulignait France 2 dans son 20H mardi soir, de très nombreux moyens de contourner la loi. Ce désastre sans fin ne passera peut-être pas le Conseil Constitutionnel, et sera de toute façon déjà dépassé et inapplicable. Heureusement, dans un certains sens. Cette loi ne servira en tout cas pas la création, et ne la sauvera pas, puisqu’avec ou sans elle, elle connaîtra quand même sa fin désastreuse. Monsieur Mathus se trompait donc un peu : quoiqu’il arrive, la « fin désastreuse » se produira. La seule chose que peuvent faire les députés, en réalité, c’est éviter le « désastre sans fin » en s’opposant à Hadopi 2. D’ailleurs, la citation de Mathus était erronée, car Bismarck avait en fait déclaré : « Une fin désastreuse vaut mieux qu’un désastre sans fin. » C’est dire…
Il y avait pourtant une troisième issue, qui ne stigmatisait pas les internautes partageurs, et qui sauvait la culture. Une troisième issue qui cherchait à s’adapter, une issue progressiste défendue, justement, par les socialistes, au travers de leurs amendements 540 à 548 : la contribution créative. Cette solution, tentative d’application de ce que prône Philippe Aigrain dans son livre Internet et Création, est l’issue salvatrice que le conservatisme du Palais-Bourbon a balayé d’un revers de manche. Elle est logique, elle est intelligente et elle est simple : « cette contribution automatique versée par les internautes, leur donnera en contrepartie des droits : celui d’échanger librement les œuvres couvertes par cette nouvelle rémunération forfaitaire et cela uniquement dans un but non lucratif. » (je cite l’exposé sommaire des amendements socialistes) L’idée est d’instaurer une faible taxe et de libéraliser (c’est là que le mot libéraliser prend toute la noblesse de son sens) les échanges de fichiers sur internet. Cette taxe rémunérerait d’une part les ayant-droits et pourrait aussi, par exemple, participer au financement de la création. Mais voilà, cette idée est novatrice et progressiste, et fait donc peur aux bancs de droite et aux majors. Voilà pourquoi on n’en a pas voulu.
Vendredi 24 juillet 2009, les députés ont achevé l’examen d’une loi inutile. Vendredi 24 juillet 2009, les députés ont préféré le passé à l’avenir. Vendredi 24 juillet 2009, les députés ont enterré la création.
Que soit écrit en lettres d’or sur le fronton du palais Bourbon, au-dessus d’Athéna et de Sully : « Ci-gît la Création. »

(On m’excusera le jeu de mot foireux du titre, mais trouver un titre original, des fois, c’est dur…)

« I was born in 1984 »

On peut lire sur le site tehranbureau.com un témoignage poignant, en anglais, d’un Iranien de la génération K, au cœur du grand mouvement que nous connaissons actuellement. J’en propose, ici, une traduction personnelle en Français.

Je suis né en 1984, au milieu d’une guerre terrible qui a dévasté mon pays. Je suis né entre deux nuits de bombardements. Je suis né dans le rationnement, le désespoir et la privation. Je suis né alors que des jeunes vies périssaient au front. Mon père m’a dit plus tard que quand je suis né, en 1984, l’atmosphère était semblable à celle du 1984 d’Orwell. Mais ma naissance a effacé, dans l’esprit de mes parents, les évènements moroses de la guerre et 1984 est devenu un signe d’espoir, un espoir pour le futur ou, comme mon père le disait alors, « un avenir meilleur à vivre pour mon enfant ».

Mes parents ne sont pas les seuls dans ce cas. Durant le baby boom, de 1983 à 1986, des millions d’enfants comme moi ont vu le jour, des millions de bouches à nourrir, des millions de miracles à chérir. Une nouvelle génération était née, une génération qui témoigne de l’héritage laissé par ses parents, ses ancêtres, un héritage principalement composé d’une chose : la « République Islamique ».

Par la suite, dans nos écoles, à la télévision, dans les livres et les journaux, ils nous ont dit qu’avant vivait un tyran qui dirigeait le pays d’une main de fer, et que l’insoumise et courageuse nation d’Iran s’était levée pour s’opposer au régime et le renverser, mettant en place trois choses : « Esteghlal, Azadi, Jomhouri Eslami ».

Indépendance.

Liberté.

République Islamique.

Nous étions fascinés par les récits héroïques des jeunes étudiants qui se sont sacrifiés pendant la guerre pour le bien de la société, parfois dès l’âge de treize ans. Nous étions convaincus de vivre une Utopie, mais l’illusion n’a duré que quelques années. Jusqu’à ce que l’innocente et naïve génération de 1984 ait grandi pour devenir les jeunes femmes et les jeunes hommes de l’Iran, la fameuse troisième génération de la révolution.

Face aux dures réalités de la vie, nous avons rapidement réalisé que notre monde était bien loin de l’Utopie qu’on nous dessinait. C’était plutôt une Dystopie où nous devions nous battre pour chaque droit, chaque liberté. Vous nous avez refusé tant de choses.

Un jour, dans cet âge sombre, un homme avec les qualités d’un héros s’est révélé, qui voulait guider cette génération hors de la Dytopie dans laquelle elle était empêtrée. Son nom était Mohammad Khatami. Pourtant, il s’est avéré qu’il n’était pas le héros tant attendu, et qu’il n’avait pas les capacités ou le désir de nous sortir de là. Pour être juste, les choses ont commencé avec l’évolution vers le progrès et la modernisation ; il y avait une faible partie de droits et de libertés, mais cela n’allait pas du tout au rythme attendu par les jeunes impatients de la troisième génération.

Ainsi a chuté un héros, et quatre années d’Ahmadinejad s’engagèrent alors.

À la fin de ces quatre années, nous avions désespérément besoin de changement. L’espoir a été matérialisé par Mir Hossein Mousavi, qui se trouve avoir été premier ministre en 1984. Mais les dirigeants totalitaires de cette Dystopie s’en sont occupé et ont écrasé cette dernière lueur d’espoir.

Dans La Vie de Galilée de Brecht, un élève de Galilée l’accable de cette phrase : « Malheureux le pays qui n’a pas de héros. »

« Non. Malheureux le pays qui a besoin de héros. », répond-t-il avec sagesse.

Ma génération est lasse de la désillusion, fatiguée d’être déçue. Nous refusons d’accepter le statu quo et nous nous élevons contre ce régime. Je ne sais pas vraiment combien de temps il vont mettre pour écraser notre résistance mais pour l’instant, on se débrouille plutôt bien. Nous restons mobilisés même si nos frère Basij, nos frères policiers tuent leurs semblables, assassinent des Iraniens. Nous restons mobilisés même si vous nous battez avec des clubs et des bâtons, même si vous essayez de nous étouffer avec vos gaz lacrymogènes.

Une grande nation refuse de succomber si facilement.

Hier, dans l’importante foule qui revenait de la zone de combats avec ses blessures, sa colère et sa tristesse, j’ai aperçu un vieil ami à moi.

« Bienvenu en 1984 », m’a-t-il dit, plein d’angoisse.

Je l’approuvai d’un signe de tête ; la boucle était bouclée.

Il a ajouté : « Nous devons faire face à une police anti-émeutes sanguinaire, main dans la main, comme dans la chanson Brothers in Arms de Dire Straits. »

C’est à cet instant que j’ai compris pourquoi les révolutionnaires Français ont ajouté « Fraternité » à leur devise.

« Liberté, Égalité, Fraternité. » [NdT : En Français dans le texte], bien sûr.

Copyright © 2009 Tehran Bureau

Mettre en place un relais Tor

logo tor

Tor (acronyme de the onion router) est un réseau de tunnels virtuels qui vise à empêcher l’analyse de trafic, et donc à renforcer l’anonymat et l’intimité. Pour faire court, puisque ce billet n’a pas pour objectif de présenter Tor en détail (le site officiel le fait très bien, ou encore cet article de rebellyon.info), le client Tor de l’utilisateur récupère les adresses des nœuds (ou relais, c’est-à-dire des ordinateurs auxquels il peut se connecter) auprès d’un serveur annuaire, puis il choisit aléatoirement un chemin qui passe pas un certain nombre de ces nœuds jusqu’au serveur de destination. Entre chaque relais, les communications sont chiffrées et chaque relais ne connait que le nœud précédent et le nœud suivant (si bien qu’aucun relais ne connait tout le parcours aléatoirement défini). Et puisque qu’une bonne illustration vaut plus qu’un long discours, voilà la procédure en image :

schéma tor

Tor est utilisé, entre autres, par des journalistes à l’étranger, des dissidents en Chine et ailleurs, mais aussi des opposants Iraniens. La fiabilité du réseau Tor repose donc sur le nombre de nœuds et d’utilisateurs, c’est pourquoi je me propose, dans ce billet, de vous expliquer la mise en place d’un relais Tor avec Ubuntu. Rassurez-vous, ce n’est pas insurmontable !

Installation de Tor

Avant toute chose, il faut installer Tor. La version des dépôts officiels est obsolètes, il va donc falloir commencer par en ajouter d’autres.

  • Éditez le fichier /etc/apt/sources.list en super-utilisateur avec votre éditeur de texte favoris, par exemple nano : sudo nano /etc/apt/sources.list,
  • Ajoutez en fin de fichier les deux lignes suivantes (en remplaçant éventuellement jaunty par la version que vous utilisez si elle diffère) :
    • deb http://mirror.noreply.org/pub/tor jaunty main
    • deb-src http://mirror.noreply.org/pub/tor jaunty main
  • Importez les clés de chiffrement du dépôt et ajoutez-les à votre trousseau (tout en une ligne, soyons fous !) :
    gpg --keyserver subkeys.pgp.net --recv 94C09C7F && gpg --fingerprint 94C09C7F && gpg --export 94C09C7F | sudo apt-key add -,
  • Mettez ensuite à jour la liste des paquets, avec : sudo apt-get update,
  • Vous pouvez ensuite installer Tor, en cliquant ou avec : sudo apt-get install tor.

Voilà, Tor est maintenant installé (profitez-en pour l’utiliser, tant qu’à faire ;) ).

Configuration d’un relais

Passons maintenant à l’essentiel, à savoir la configuration d’un relais Tor. Pour cela, on va créer un nouveau fichier de configuration, à notre sauce.

  • Renommez le fichier de configuration original (histoire de le conserver, au cas où), avec : sudo mv /etc/tor/torrc /etc/tor/torrc.bak,
  • Ouvrez un nouveau fichier de configuration : sudo nano /etc/tor/torrc,
  • Remplissez le comme cela :
    SocksPort 9050
    SocksListenAddress 127.0.0.1
    Log notice file /var/log/tor/notices.log
    Log debug file /var/log/tor/debug.log
    DataDirectory /var/lib/tor
    Nickname un_nom_pour_le_serveur # À adapter
    Address adresse_de_la_machine # À adapter
    RelayBandwidthRate 100 KBytes
    RelayBandwidthBurst 200 KBytes
    ContactInfo Prenom Nom <mail> # À adapter
    ORPort 9001
    ExitPolicy reject *:*

    Pensez à modifier le fichier aux lignes signalées. Concernant l’adresse de la machine : si vous avez une IP fixe, il vous suffit de la mettre ; si vous avez au contraire une IP dynamique, il faudra créer un nom de domaine qui redirige vers cette IP (chez dyndns, par exemple), et le mettre.
  • Pensez à ouvrir les ports ; Tor utilise le port TCP 9001.
  • Dès que vous avez fait tout ça, il vous suffit de redémarrer Tor : sudo /etc/init.d/tor restart.

Nous allons enfin nous assurer du bon fonctionnement du relais.

Vérification du fonctionnement

Une fois Tor redémarré, jetez un œil au fichier /var/log/tor/notices.log. Durant la quinzaine de minutes suivant la mise en place du relais, si tout se passe comme prévu, vous devriez voir une notice qui ressemble à « Self-testing indicates your ORPort is reachable from the outside. Excellent. Publishing server descriptor. ». Si c’est le cas, votre relais est fonctionnel !

Mettre en place un proxy squid pour aider les Iraniens

Mise à jour importante : Entre la publication de ce billet et la situation actuelle, le gouvernement iranien essaie bien sûr de tout faire pour empêcher l’utilisation de proxies. Les ports par défaut sont donc inopérants, il faut en changer dans le fichier de configuration (ligne http_port 3128 à changer).
Des outils ont été mis en place pour, d’une part, tester votre proxy et, d’autre part, l’envoyer à Austin Heap.
Vous pouvez aussi utilisez ce fichier de configuration « idéal » proposé par Austin sur son site.

À la suite et en complément du petit état des lieux que j’ai publié la nuit dernière, je vous propose une traduction et une adaptation à Ubuntu du tutoriel de Austin Heap. Le but est d’installer un proxy squid, accessible aux Iraniens, afin qu’ils contournent la censure et soient moins visibles.

  • Il faut en premier lieu installer squid, en cliquant sur le lien ou via : sudo apt-get install squid,
  • Ensuite, nous allons éditer le fichier de configuration pour l’adapter à nos besoins. Ouvrez-le, par exemple, en console : sudo nano /etc/squid/squid.conf,
  • Recherchez, dans ce fichier (avec Ctrl+W si vous l’avez ouvert avec nano), la ligne contenant « http_access deny all », et remplacez-la par « http_access allow all »,
  • À la fin du fichier, rajouter les deux lignes suivantes ;
    • access_log none
    • cache_store_log none
  • Enfin, redémarrez squid avec : sudo /etc/init.d/squid restart.

Par défaut, le port est 3 128. Communiquez ensuite l’adresse et le port du proxy à @austinheap (ou par mail).

Et puisque c’est la saison du Bac de Philo, petite parodie pour finir sur une note d’humour des sujets de la filière S :

  • Est-il absurde de désirer une réélection ?
  • Y a-t-il des sites auxquels aucun Iranien ne peut se connecter ?
  • Commentaire de texte, un extrait de De la démocratie en Iran.

Jusqu’où Iran nous ?

Les élections iraniennes des derniers jours sont contestées, parce que contestables. Depuis ces élections, les manifestations sont durement réprimées, les informations difficiles à avoir et pour cause : les journalistes étrangers sont réellement empêchés de travailler. De plus, les opposants au régime sont arrêtés, quand ils ne sont pas tous simplement assassinés, et risquent comme l’a rappelé ce matin un procureur iranien la peine de mort. C’est une véritable honte, un gigantesque scandale. Ce pays qui n’était pas un modèle de démocratie a clairement basculé dans un négationnisme libertaire. Nous pouvons aider les iraniens, nous le devons. Nos actes auront certes un faible impact, mais nous n’avons pas le droit de laisser un gouvernement bafouer de la sorte les libertés fondamentales et les droits de l’Homme : aujourd’hui et dans les temps qui viennent, nous sommes tous des Iraniens.

De drôles d’élections…

Sur le fond, et au fil des jours, il apparait de plus en plus clairement qu’il y a eu fraude, les élections ne se sont en tout cas pas tenues de façon transparente.
Il est d’abord étonnant que les résultats, dans les fiefs de Moussavi, lui soient aussi peu favorables, de même que le fort score d’Ahmadinejad à Téhéran, ville progressiste, est peu crédible. Les résultats des élections ne correspondent absolument pas aux attentes, ni à la géographie électorale de l’Iran, même s’il faut bien admettre que ce ne sont pas là des preuves solides. Ces informations participent cependant à faire douter les Iraniens et la communauté internationale.
Il y a plus étonnant ; la façon dont ont été « comptées » les voix. Au fil des annonces, les pourcentages sont restés les mêmes. Voilà le tableau des vagues successives de résultats annoncés :

Vague # Moussavi Ahmadinejad
1 2 955 131 7 027 919
2 4 628 912 10 230 478
3 6 575 844 14 011 664
4 7 526 117 15 913 256
5 8 124 690 16 974 382
6 8 929 232 18 302 924

elections_truqueesLe coefficient de détermination est quasiment égal à 1 ; il vaut 0,999 5, c’est-à-dire que les scores de Moussavi et d’Ahmadinejad évoluent ensembles de manière quasi-linéaire : pour chaque voix qu’obtient Moussavi, Ahmadinejad en obtient près de 2 (1.9 pour être un peu plus précis). Cette quasi-perfection mathématique et statistique n’est absolument pas réaliste, et accrédite fortement la thèse de la fraude.
Toujours en lien avec le comptage des voix, que penser de l’image ci-contre, qui représente deux captures de la télé iranienne, à quelques heures d’intervalle ? Le troisième candidat, qui avait 633 048 voix le matin, à 9H47, n’en a plus que 587 914 en début d’après-midi, à 13H53 !
On peut aussi s’interroger sur la procédure elle-même : pour voter, il faut écrire le nom du candidat choisi sur le bulletin. Le souci c’est qu’en Iran 20,6 % de la population est analphabète, et doit donc demander de l’aide, par exemple, à un « gardien de la révolution » qui peut aider à bien voter… Et je ne parle pas même des urnes mobiles, hors de tout contrôle si ce n’est celui des « gardiens de la révolution », qui contenaient près de 7 millions des voix…
Et puis, comment le Ministère de l’Intérieur, qui a repoussé l’heure de fermeture des bureaux à 22 heures en raison de l’affluence, peut-il annoncer Ahmadinejad vainqueur dès 21H30 ?
Enfin, est-il normal que dans une trentaine de villes iraniennes, le taux de participation dépasse 100 % ?
Les élections ont, à mon sens, clairement été truquées.

Une presse et des opposants muselés

Mais le pire est bel et bien l’oppression terrible qui a suivi ce scrutin : une véritable chape de plomb s’est abattue sur l’Iran.
Dès les premières manifestations, les autorités iranienne ont clairement empêché les journalistes étrangers d’exercer leur profession en les renvoyant dans leurs pays ou, pour ceux qui restaient malgré tout, en leur interdisant de filmer ou de photographier quoi que ce soit et, maintenant, en les obligeant à rester dans leurs bureaux. Il faut dire que les manifestations pro-Moussavi ont rassemblé et rassemblent encore des centaines de milliers d’Iraniens, voire des millions, et encore plus les soutiennent à travers le monde. Ces manifestations sont très durement réprimées ; dans le sang (certaines images peuvent choquer). Depuis le début des manifestations, ont dénombre au moins 7 morts et de très nombreux blessés plus ou moins grave, sans compter les interpellations. Les milices de l’État tirent sur la foule, et tuent, comme le montrent les vidéos que les manifestants produisent eux-même, puisqu’ils sont aussi obligés de se substituer à une presse muselée ou muette.
Hier matin, les journaux iraniens ont - enfin - évoqué ces manifestations, pourtant immenses, en mettant en vis-à-vis une autre photo d’une contre-manifestation pro-Ahmadinejad organisée par le pouvoir, photo truquée (mais Ahmadinejad a l’habitude) puisqu’elle n’a pas tout à fait eu le même succès que la vraie révolte :

Photo iranienne truquée

Mais malgré les violentes répressions, la mobilisation continue et ne cesse de prendre de l’ampleur ; malgré les menaces de mort proférées par les autorités, la révolte gagne tous les Iraniens, même les footballeurs (et le football, en Iran, tient une place très importante).
Internet est une véritable bulle d’air pour les opposants et Twitter un des lieux d’informations privilégiés, mais déjà, on apprend que des utilisateurs de ce service sont arrêtés, que le net iranien est lourdement censuré.

Nous devons les aider !

Il y a plusieurs moyens d’agir. Face au courage que déploient les manifestants, nos moyens d’actions à nous, derrière nos écrans, sont certes ridicules, mais s’ils peuvent contribuer à aider, ne serais-ce que de manière infime, nous devons le faire.
Pour les utilisateurs de Twitter, il est en premier lieu assez intéressant de changer le fuseau horaire et la location pour, respectivement, GMT+3H30 et une ville iranienne comme Téhéran, et ce afin de noyer les vrais Iraniens dans une masse importante d’utilisateurs et rendre ainsi plus complexe le travail du gouvernement qui, comme je l’ai dit tout à l’heure, interpelle encore et toujours les opposants, y compris les utilisateurs du service de micro-blogging qui est, littéralement et heureusement, noyé sous les informations et commentaires.
Il est encore plus intéressant de configurer un proxy squid et de le communiquer, via DM Twitter, @austinheap ou @ProtesterHelp.
Ces moyens d’actions, et d’autres, sont recensés aux adresses suivantes ;

Au-delà de l’aide logistique que nous pouvons apporter via, par exemple, un proxy, il faut absolument faire connaître au monde le réalité des répressions que subissent, actuellement, les opposants Iraniens. Au-delà de toute considération politique (Ahmaninejad n’est pas un saint, pas plus que Moussavi, même si les deux ne sont pas tout à fait les mêmes, n’en déplaise à Obama), c’est pour les Libertés que nous devons, autant que faire se peut, les aider. Les droits de l’Homme doivent s’appliquer partout, même en Iran.

Politique & logiciel libre : tribune de Cohn-Bendit dans Le Monde

Un rapide billet pour vous signaler qu’on retrouve dans Le Monde sorti ce soir et daté du 16 juin 2009 une tribune de Daniel Cohn-Bendit, élu député européen sur les listes Europe Écologie en Ile de France, intitulée « Faisons passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre ». Ce n’est absolument pas une parodie, et c’est même assez riche d’enseignements ; c’est à découvrir dans la version papier ou sur le site du Monde.

Morceaux choisis :

« Depuis une semaine, je dis et répète : Europe Ecologie n’est pas propriétaire de ses électeurs. Si un droit de propriété électoral devait exister, ce serait évidemment celui des citoyens sur les formations qui les représentent, et non l’inverse ! Saine évidence que nos concurrents - et peut-être futurs partenaires - devraient méditer. »

« Les idées, pas plus que les personnes, n’appartiennent pas à quelqu’un. Elles ont vocation à circuler librement, à se propager et à évoluer aux contacts des autres. »

« Alors, à la lancinante question du « qu’allons-nous faire », je réponds que nous allons continuer à briser la logique du « système propriétaire » qui domine notre vie politique nationale, tant au niveau global qu’au niveau local, tant par l’Europe qu’à l’occasion des élections régionales. Plus que jamais, nous allons promouvoir la notion de « logiciel libre » appliquée à la politique et à la société. »

« Dans la politique, comme dans la nature, la biodiversité est une richesse et toute tentative de nous fondre dans une sorte de grand parti social-démocrate serait synonyme d’appauvrissement. Nous voulons essaimer nos façons de faire et de penser la politique auprès de nos concurrents et potentiels partenaires. »

Une vision inhabituelle et intéressante de la politique, à lire de toute urgence !