Politique & logiciel libre : tribune de Cohn-Bendit dans Le Monde

Un rapide billet pour vous signaler qu’on retrouve dans Le Monde sorti ce soir et daté du 16 juin 2009 une tribune de Daniel Cohn-Bendit, élu député européen sur les listes Europe Écologie en Ile de France, intitulée « Faisons passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre ». Ce n’est absolument pas une parodie, et c’est même assez riche d’enseignements ; c’est à découvrir dans la version papier ou sur le site du Monde.

Morceaux choisis :

« Depuis une semaine, je dis et répète : Europe Ecologie n’est pas propriétaire de ses électeurs. Si un droit de propriété électoral devait exister, ce serait évidemment celui des citoyens sur les formations qui les représentent, et non l’inverse ! Saine évidence que nos concurrents - et peut-être futurs partenaires - devraient méditer. »

« Les idées, pas plus que les personnes, n’appartiennent pas à quelqu’un. Elles ont vocation à circuler librement, à se propager et à évoluer aux contacts des autres. »

« Alors, à la lancinante question du « qu’allons-nous faire », je réponds que nous allons continuer à briser la logique du « système propriétaire » qui domine notre vie politique nationale, tant au niveau global qu’au niveau local, tant par l’Europe qu’à l’occasion des élections régionales. Plus que jamais, nous allons promouvoir la notion de « logiciel libre » appliquée à la politique et à la société. »

« Dans la politique, comme dans la nature, la biodiversité est une richesse et toute tentative de nous fondre dans une sorte de grand parti social-démocrate serait synonyme d’appauvrissement. Nous voulons essaimer nos façons de faire et de penser la politique auprès de nos concurrents et potentiels partenaires. »

Une vision inhabituelle et intéressante de la politique, à lire de toute urgence !

4 commentaires sur « Politique & logiciel libre : tribune de Cohn-Bendit dans Le Monde »

  1. Gravatar Kane a écrit :

    Cohn-Bendit est un sacré manipulateur… il en devient effroyable…

    Comment peut-on oser mêler les FOSS et la politique ?!?!

    Et bien c’est simple, il a un peu trop regardé le mouvement anti-hadopi, il a prit la vague, et là il surf gentillement…

    « Les idées, pas plus que les personnes, n’appartiennent pas à quelqu’un. Elles ont vocation à circuler librement, à se propager et à évoluer aux contacts des autres. »
    Un comble pour le leader du parti écologiste… L’écologie devrait-elle être un parti ou simplement une composante importante et apolitique de la société ?

    Et en plus il l’ouvre alors qu’il est réellement abominable et utilisé pour décrédibiliser un opposant du pouvoir en place…

    http://www.youtube.com/watch?v=jOwmjZqzPOg

  2. Gravatar Gaëtan a écrit :

    C’est de la pure démagogie, jamais il n’explique le terme logiciel libre et ce qu’il vient faire dans cette galère.

    Nous n’avons pas besoin d’un pseudo révolutionnaire qui exploite notre mouvment qui pour le coup lui est reelement révolutionnaire.

  3. Gravatar zobi8225 a écrit :

    @Kane : le logiciel libre est une volonté politique.
    cette article est génial, je suis pas d’accord cependant avec le :

    « Dans la politique, comme dans la nature, la biodiversité est une richesse et toute tentative de nous fondre dans une sorte de grand parti social-démocrate serait synonyme d’appauvrissement. Nous voulons essaimer nos façons de faire et de penser la politique auprès de nos concurrents et potentiels partenaires. »

    Cette phrase se contredit elle meme : Si on est pour la diverssité on est pour se mélangé. Comme dans le logiciel libre, chaqu’un arrive avec ses compétence et sa manière de voir les choses et fait le programme qui lui plait. Ou prend ce qui lui plait.

  4. Gravatar Nicoz a écrit :

    @Kane ; mêler FOSS et politique ne me parait pas complètement scandaleux, au contraire. En l’occurrence, il est question d’appliquer le « modèle » du logiciel libre à la politique, je ne vois pas où c’est critiquable à moins, bien sûr, que ça ne soit le modèle du logiciel libre lui-même que tu juges foireux.
    Tu ne peux pas dire, par contre, qu’il « surfe » sur le mouvement contestataire envers HADOPI puisqu’il s’est quand même bien impliqué, au niveau européen et depuis le début, contre cette loi ; il a co-signé l’amendement 138, par exemple. Plus largement, il a toujours été aux côtés des défenseurs de logiciels libres au parlement Européen sur des sujets tels que les brevets logiciels, la conservation des données, etc.
    Ensuite, pour la citation que tu trouves paradoxale, je crois que tu te méprends. Déjà, parce que Cohn-Bendit n’est pas le leader des Verts, mais un des leaders du rassemblement Europe Écologie. Ensuite, parce que comme il l’écrit dans la dernière phrase de sa tribune, le but d’un parti écologique n’est pas de politiser l’écologie, mais au contraire d’apporter l’écologie au débat politique.
    Enfin, en ce qui concerne l’attaque que tu tiens en fin de propos, je la trouve, par contre, assez basse et honteuse. Dans le Grand Bazar, il faut tenir compte du texte autant que du contexte. Le livre a été écrit en 1968, avec sans doute un brin (c’est un doux euphémisme) de provocation. Il s’en est d’ailleurs excusé quelques années après, et cela n’a absolument rien à voir avec le débat actuel. On débat d’idées, pas de personnes.

    @Gaëtan : Cohn-Bendit n’est pas un « pseudo révolutionnaire qui exploite notre mouvement » mais un euro-député qui a toujours défendu le logiciel libre au niveau européen, comme je viens de le dire, qui est sans doute séduit par le modèle du logiciel libre et qui veut l’appliquer à la politique.

    @zobi8225 : La phrase ne se contredit pas à mon sens ; Cohn-Bendit nous dit qu’il préfère une diversité de partis. S’ils fusionnent tous dans un parti unique, ils perdraient de leurs convictions et priorités dans des concessions.

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