Big Brother is watching you

Quand on défend les libertés, on est souvent accusé, à tort, de crier « au loup ». Souvent, quand on cherche l’image qui illustrera nos arguments, on pense à 1984 d’Orwell. Souvent, aussi, on s’entend répondre qu’on exagère.
Oui mais voilà, quand c’est un grand quotidien national, qu’écris-je, quand c’est le journal dit « de référence » qui s’empare du sujet des libertés fondamentales, on ne peut s’empêcher de penser « Eh bien… C’est ce que je disais… » Et ça n’en fait que plus froid dans le dos. Alors que les députés achevaient l’examen du projet de loi Hadopi 2, la CNIL a publié son avis sur le projet de loi Loppsi II. Et cet avis d’être repris par Le Monde dans un éditorial bien nommé : « Cyber Brother ».

« “Big Brother vous regarde.” Le cauchemar totalitaire décrit, en 1948, par George Orwell dans 1984 n’est pas encore une réalité. Mais on assiste à une extension du profilage des citoyens, très inquiétante au regard des libertés. Les logiciels-espions de la police se banalisent. Cyber Brother s’installe chez vous, dans notre vie privée. Le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi II), qui sera débattu en fin d’année, va permettre à la police, dans le cadre d’une information judiciaire et “sans le consentement des intéressés”, d’accéder à “des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre”. Pas moins. »

Pour lire la suite, rendez-vous sur le site du Monde

Et Le Monde de conclure son éditorial : « Où est la limite à ces intrusions dans la vie des Français ? Nous sommes prévenus : Big Brother est là, tout près. »

Cet éditorial fait écho à un article, dans ce journal, intitulé « Les logiciels-espions de la police inquiètent les gardiens des libertés » et qui revient largement sur l’avis très inquiétant rendu par la CNIL. À lire absolument, donc.

Hadopi, PPPLAI de la création…

Avant-hier, en fin d’après-midi, les députés ont achevé l’examen des articles du projet de loi « Protection Pénale de la Propriété Littéraire et Artistique sur Internet », mieux connu sous l’appellation « Hadopi 2 », puisqu’il s’agit du patch à la loi « Création et Internet », dite « Hadopi », largement censurée par la décision 2009-580 DC rendue le 10 juin 2009 par le Conseil Constitutionnel. Le vote solennel sur l’ensemble du texte interviendra en septembre prochain. Les débats ont occupé les parlementaires durant quatre jours étant donné que les députés de gauche avaient déposé près de 900 amendements. Reprenant Bismarck, le député socialiste Didier Mathus a déclaré jeudi matin dans l’hémicycle : « Nous avons le choix entre une fin désastreuse et un désastre sans fin. » J’aimerais développer un peu cette idée ; les députés sont en effet confrontés à un dilemme terrifiant.

Il convient tout d’abord de souligner qu’à l’heure actuelle, l’industrie du disque périclite. Cette industrie meurt à petit feu pour la simple et bonne raison qu’elle se refuse à évoluer. Les majors se complaisent en effet dans un modèle économique déclinant, basé sur une vision archaïque de la propriété intellectuelle largement remise en cause par les nouvelles technologies et Internet. Auparavant, le CD contenait l’œuvre, le CD était l’œuvre. Imaginons que traîna sur votre bureau un CD audio. Si quelqu’un vous le prenait, vous ne l’aviez plus. Désormais, à l’ère du numérique, l’œuvre peut être copiée et partagée, à l’infini. Alors qu’avant on pouvait attacher l’œuvre à un objet, et donc vendre, non l’œuvre, mais l’objet, il est désormais impossible de restreindre la diffusion à une prison matérielle telle qu’un CD. Face à cette évolution, qui s’est rapidement ancrée dans les mœurs, il convient de réfléchir à l’évolution de la propriété intellectuelle et à de nouveaux moyens de rémunérer les créateurs, plutôt que de tenter de revenir en arrière pour conserver les anciens modèles. Sans évolution, les majors sont clairement condamnées, à plus ou moins long terme. Ces industries sont cependant le support de la création, et à travers elles, c’est la création qui pâtit. Si rien n’est fait, on assistera donc à la « fin désastreuse » de la création, les majors l’entraînant dans leur chute, à moins bien sûr que les artistes ne s’en désolidarisent à temps. Le problème est là, mais la solution que tente d’y apporter le gouvernement est manifestement mauvaise.
En effet, au lieu de faire preuve de courage politique et d’innovation en cherchant à faire évoluer la propriété intellectuelle à l’aune du XXIème siècle pour l’adapter à l’ère numérique, il s’entête à conserver, défendre et protéger des modèles d’un autre temps par une répression de masse, à contre-courant de l’évolution technologique. Vous me ferez remarquer, c’est peut-être pour cette raison qu’on les dit « conservateurs »… Eh bien qu’il me soit permis de rêver d’un Parlement Weight Watcher, c’est-à-dire sans conservateurs ! Toujours est-il que les lois Hadopi 1, puis 2 (et rien n’indique que c’est terminé) sont clairement conservatrices. Que font-elles ? Ces lois mettent en place une milice privée (la Hadopi), chargée de traquer les internautes partageurs qu’on se plaît à nommer pirate.
Mais que sont les pirates ? Le jeune qui télécharge, derrière son écran, les musiques que ses copains écoutent parce qu’il n’a pas les moyens de se les payer, parce qu’il ne peut pas se rendre aux magasins pour les acheter, ou que sais-je, mérite-t-il le même qualificatif que ces loups de mer somaliens qui pillent et tuent ? En employant le terme « pirate », le gouvernement stigmatise déjà de manière sémantique les internautes que je qualifierai, pour ma part, de partageurs. C’est moins épique, ça sonne moins bien, désolé, mais c’est plus juste.
Les lois Hadopi mettent donc en place une milice privée qui traquera les internautes, et les fera condamner, en masse, en ayant pour cela recours à l’ordonnance pénale et au juge unique. « Juge unique, juge inique. » Le but est clair, il s’agit de contourner la Justice. Et la sanction, elle aussi, est scandaleuse. Il s’agit de couper la connexion internet du partageur, comme on couperait la tête de l’assassin si Badinter n’était pas là. On annihilerait donc, parce qu’il a partagé, la liberté d’expression de l’internaute, l’une des plus fondamentales pour que se maintienne la Démocratie, simplement parce qu’on a trouvé son adresse IP (dont on connait la fiabilité…) Voilà ce que dit la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui a valeur constitutionnelle, dans son article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi. »
Cette loi votée, on entre donc bien en plein dans la seconde option qui s’offre au législateur, le « désastre sans fin ».
Cependant, ce désastre sans fin à la frontière de l’autoritarisme risque fort bien de n’être que fantasme. En effet, il y a encore quelques principes de base dans notre pays, il y a encore la Constitution de De Gaulle, et si l’on en croit l’éminent professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau (son nom lumineux est tout trouvé !), le texte d’Hadopi 2 est hautement inconstitutionnel. C’est une première barrière, qui risque d’être dur pour les ministres de la Culture et de la Justice. De plus, il faut raison garder : ce texte sera, même s’il n’est pas censuré, inapplicable. En effet, il est déjà en partie dépassé, puisque le streaming est actuellement en train de supplanter le P2P pour ce qui est de l’écoute ; que l’IP ne saurait être une preuve (n’en déplaise à la 3ème chambre du TGI de Paris) ; et qu’il existe, comme le soulignait France 2 dans son 20H mardi soir, de très nombreux moyens de contourner la loi. Ce désastre sans fin ne passera peut-être pas le Conseil Constitutionnel, et sera de toute façon déjà dépassé et inapplicable. Heureusement, dans un certains sens. Cette loi ne servira en tout cas pas la création, et ne la sauvera pas, puisqu’avec ou sans elle, elle connaîtra quand même sa fin désastreuse. Monsieur Mathus se trompait donc un peu : quoiqu’il arrive, la « fin désastreuse » se produira. La seule chose que peuvent faire les députés, en réalité, c’est éviter le « désastre sans fin » en s’opposant à Hadopi 2. D’ailleurs, la citation de Mathus était erronée, car Bismarck avait en fait déclaré : « Une fin désastreuse vaut mieux qu’un désastre sans fin. » C’est dire…
Il y avait pourtant une troisième issue, qui ne stigmatisait pas les internautes partageurs, et qui sauvait la culture. Une troisième issue qui cherchait à s’adapter, une issue progressiste défendue, justement, par les socialistes, au travers de leurs amendements 540 à 548 : la contribution créative. Cette solution, tentative d’application de ce que prône Philippe Aigrain dans son livre Internet et Création, est l’issue salvatrice que le conservatisme du Palais-Bourbon a balayé d’un revers de manche. Elle est logique, elle est intelligente et elle est simple : « cette contribution automatique versée par les internautes, leur donnera en contrepartie des droits : celui d’échanger librement les œuvres couvertes par cette nouvelle rémunération forfaitaire et cela uniquement dans un but non lucratif. » (je cite l’exposé sommaire des amendements socialistes) L’idée est d’instaurer une faible taxe et de libéraliser (c’est là que le mot libéraliser prend toute la noblesse de son sens) les échanges de fichiers sur internet. Cette taxe rémunérerait d’une part les ayant-droits et pourrait aussi, par exemple, participer au financement de la création. Mais voilà, cette idée est novatrice et progressiste, et fait donc peur aux bancs de droite et aux majors. Voilà pourquoi on n’en a pas voulu.
Vendredi 24 juillet 2009, les députés ont achevé l’examen d’une loi inutile. Vendredi 24 juillet 2009, les députés ont préféré le passé à l’avenir. Vendredi 24 juillet 2009, les députés ont enterré la création.
Que soit écrit en lettres d’or sur le fronton du palais Bourbon, au-dessus d’Athéna et de Sully : « Ci-gît la Création. »

(On m’excusera le jeu de mot foireux du titre, mais trouver un titre original, des fois, c’est dur…)

« I was born in 1984 »

On peut lire sur le site tehranbureau.com un témoignage poignant, en anglais, d’un Iranien de la génération K, au cœur du grand mouvement que nous connaissons actuellement. J’en propose, ici, une traduction personnelle en Français.

Je suis né en 1984, au milieu d’une guerre terrible qui a dévasté mon pays. Je suis né entre deux nuits de bombardements. Je suis né dans le rationnement, le désespoir et la privation. Je suis né alors que des jeunes vies périssaient au front. Mon père m’a dit plus tard que quand je suis né, en 1984, l’atmosphère était semblable à celle du 1984 d’Orwell. Mais ma naissance a effacé, dans l’esprit de mes parents, les évènements moroses de la guerre et 1984 est devenu un signe d’espoir, un espoir pour le futur ou, comme mon père le disait alors, « un avenir meilleur à vivre pour mon enfant ».

Mes parents ne sont pas les seuls dans ce cas. Durant le baby boom, de 1983 à 1986, des millions d’enfants comme moi ont vu le jour, des millions de bouches à nourrir, des millions de miracles à chérir. Une nouvelle génération était née, une génération qui témoigne de l’héritage laissé par ses parents, ses ancêtres, un héritage principalement composé d’une chose : la « République Islamique ».

Par la suite, dans nos écoles, à la télévision, dans les livres et les journaux, ils nous ont dit qu’avant vivait un tyran qui dirigeait le pays d’une main de fer, et que l’insoumise et courageuse nation d’Iran s’était levée pour s’opposer au régime et le renverser, mettant en place trois choses : « Esteghlal, Azadi, Jomhouri Eslami ».

Indépendance.

Liberté.

République Islamique.

Nous étions fascinés par les récits héroïques des jeunes étudiants qui se sont sacrifiés pendant la guerre pour le bien de la société, parfois dès l’âge de treize ans. Nous étions convaincus de vivre une Utopie, mais l’illusion n’a duré que quelques années. Jusqu’à ce que l’innocente et naïve génération de 1984 ait grandi pour devenir les jeunes femmes et les jeunes hommes de l’Iran, la fameuse troisième génération de la révolution.

Face aux dures réalités de la vie, nous avons rapidement réalisé que notre monde était bien loin de l’Utopie qu’on nous dessinait. C’était plutôt une Dystopie où nous devions nous battre pour chaque droit, chaque liberté. Vous nous avez refusé tant de choses.

Un jour, dans cet âge sombre, un homme avec les qualités d’un héros s’est révélé, qui voulait guider cette génération hors de la Dytopie dans laquelle elle était empêtrée. Son nom était Mohammad Khatami. Pourtant, il s’est avéré qu’il n’était pas le héros tant attendu, et qu’il n’avait pas les capacités ou le désir de nous sortir de là. Pour être juste, les choses ont commencé avec l’évolution vers le progrès et la modernisation ; il y avait une faible partie de droits et de libertés, mais cela n’allait pas du tout au rythme attendu par les jeunes impatients de la troisième génération.

Ainsi a chuté un héros, et quatre années d’Ahmadinejad s’engagèrent alors.

À la fin de ces quatre années, nous avions désespérément besoin de changement. L’espoir a été matérialisé par Mir Hossein Mousavi, qui se trouve avoir été premier ministre en 1984. Mais les dirigeants totalitaires de cette Dystopie s’en sont occupé et ont écrasé cette dernière lueur d’espoir.

Dans La Vie de Galilée de Brecht, un élève de Galilée l’accable de cette phrase : « Malheureux le pays qui n’a pas de héros. »

« Non. Malheureux le pays qui a besoin de héros. », répond-t-il avec sagesse.

Ma génération est lasse de la désillusion, fatiguée d’être déçue. Nous refusons d’accepter le statu quo et nous nous élevons contre ce régime. Je ne sais pas vraiment combien de temps il vont mettre pour écraser notre résistance mais pour l’instant, on se débrouille plutôt bien. Nous restons mobilisés même si nos frère Basij, nos frères policiers tuent leurs semblables, assassinent des Iraniens. Nous restons mobilisés même si vous nous battez avec des clubs et des bâtons, même si vous essayez de nous étouffer avec vos gaz lacrymogènes.

Une grande nation refuse de succomber si facilement.

Hier, dans l’importante foule qui revenait de la zone de combats avec ses blessures, sa colère et sa tristesse, j’ai aperçu un vieil ami à moi.

« Bienvenu en 1984 », m’a-t-il dit, plein d’angoisse.

Je l’approuvai d’un signe de tête ; la boucle était bouclée.

Il a ajouté : « Nous devons faire face à une police anti-émeutes sanguinaire, main dans la main, comme dans la chanson Brothers in Arms de Dire Straits. »

C’est à cet instant que j’ai compris pourquoi les révolutionnaires Français ont ajouté « Fraternité » à leur devise.

« Liberté, Égalité, Fraternité. » [NdT : En Français dans le texte], bien sûr.

Copyright © 2009 Tehran Bureau

Mettre en place un proxy squid pour aider les Iraniens

Mise à jour importante : Entre la publication de ce billet et la situation actuelle, le gouvernement iranien essaie bien sûr de tout faire pour empêcher l’utilisation de proxies. Les ports par défaut sont donc inopérants, il faut en changer dans le fichier de configuration (ligne http_port 3128 à changer).
Des outils ont été mis en place pour, d’une part, tester votre proxy et, d’autre part, l’envoyer à Austin Heap.
Vous pouvez aussi utilisez ce fichier de configuration « idéal » proposé par Austin sur son site.

À la suite et en complément du petit état des lieux que j’ai publié la nuit dernière, je vous propose une traduction et une adaptation à Ubuntu du tutoriel de Austin Heap. Le but est d’installer un proxy squid, accessible aux Iraniens, afin qu’ils contournent la censure et soient moins visibles.

  • Il faut en premier lieu installer squid, en cliquant sur le lien ou via : sudo apt-get install squid,
  • Ensuite, nous allons éditer le fichier de configuration pour l’adapter à nos besoins. Ouvrez-le, par exemple, en console : sudo nano /etc/squid/squid.conf,
  • Recherchez, dans ce fichier (avec Ctrl+W si vous l’avez ouvert avec nano), la ligne contenant « http_access deny all », et remplacez-la par « http_access allow all »,
  • À la fin du fichier, rajouter les deux lignes suivantes ;
    • access_log none
    • cache_store_log none
  • Enfin, redémarrez squid avec : sudo /etc/init.d/squid restart.

Par défaut, le port est 3 128. Communiquez ensuite l’adresse et le port du proxy à @austinheap (ou par mail).

Et puisque c’est la saison du Bac de Philo, petite parodie pour finir sur une note d’humour des sujets de la filière S :

  • Est-il absurde de désirer une réélection ?
  • Y a-t-il des sites auxquels aucun Iranien ne peut se connecter ?
  • Commentaire de texte, un extrait de De la démocratie en Iran.

Jusqu’où Iran nous ?

Les élections iraniennes des derniers jours sont contestées, parce que contestables. Depuis ces élections, les manifestations sont durement réprimées, les informations difficiles à avoir et pour cause : les journalistes étrangers sont réellement empêchés de travailler. De plus, les opposants au régime sont arrêtés, quand ils ne sont pas tous simplement assassinés, et risquent comme l’a rappelé ce matin un procureur iranien la peine de mort. C’est une véritable honte, un gigantesque scandale. Ce pays qui n’était pas un modèle de démocratie a clairement basculé dans un négationnisme libertaire. Nous pouvons aider les iraniens, nous le devons. Nos actes auront certes un faible impact, mais nous n’avons pas le droit de laisser un gouvernement bafouer de la sorte les libertés fondamentales et les droits de l’Homme : aujourd’hui et dans les temps qui viennent, nous sommes tous des Iraniens.

De drôles d’élections…

Sur le fond, et au fil des jours, il apparait de plus en plus clairement qu’il y a eu fraude, les élections ne se sont en tout cas pas tenues de façon transparente.
Il est d’abord étonnant que les résultats, dans les fiefs de Moussavi, lui soient aussi peu favorables, de même que le fort score d’Ahmadinejad à Téhéran, ville progressiste, est peu crédible. Les résultats des élections ne correspondent absolument pas aux attentes, ni à la géographie électorale de l’Iran, même s’il faut bien admettre que ce ne sont pas là des preuves solides. Ces informations participent cependant à faire douter les Iraniens et la communauté internationale.
Il y a plus étonnant ; la façon dont ont été « comptées » les voix. Au fil des annonces, les pourcentages sont restés les mêmes. Voilà le tableau des vagues successives de résultats annoncés :

Vague # Moussavi Ahmadinejad
1 2 955 131 7 027 919
2 4 628 912 10 230 478
3 6 575 844 14 011 664
4 7 526 117 15 913 256
5 8 124 690 16 974 382
6 8 929 232 18 302 924

elections_truqueesLe coefficient de détermination est quasiment égal à 1 ; il vaut 0,999 5, c’est-à-dire que les scores de Moussavi et d’Ahmadinejad évoluent ensembles de manière quasi-linéaire : pour chaque voix qu’obtient Moussavi, Ahmadinejad en obtient près de 2 (1.9 pour être un peu plus précis). Cette quasi-perfection mathématique et statistique n’est absolument pas réaliste, et accrédite fortement la thèse de la fraude.
Toujours en lien avec le comptage des voix, que penser de l’image ci-contre, qui représente deux captures de la télé iranienne, à quelques heures d’intervalle ? Le troisième candidat, qui avait 633 048 voix le matin, à 9H47, n’en a plus que 587 914 en début d’après-midi, à 13H53 !
On peut aussi s’interroger sur la procédure elle-même : pour voter, il faut écrire le nom du candidat choisi sur le bulletin. Le souci c’est qu’en Iran 20,6 % de la population est analphabète, et doit donc demander de l’aide, par exemple, à un « gardien de la révolution » qui peut aider à bien voter… Et je ne parle pas même des urnes mobiles, hors de tout contrôle si ce n’est celui des « gardiens de la révolution », qui contenaient près de 7 millions des voix…
Et puis, comment le Ministère de l’Intérieur, qui a repoussé l’heure de fermeture des bureaux à 22 heures en raison de l’affluence, peut-il annoncer Ahmadinejad vainqueur dès 21H30 ?
Enfin, est-il normal que dans une trentaine de villes iraniennes, le taux de participation dépasse 100 % ?
Les élections ont, à mon sens, clairement été truquées.

Une presse et des opposants muselés

Mais le pire est bel et bien l’oppression terrible qui a suivi ce scrutin : une véritable chape de plomb s’est abattue sur l’Iran.
Dès les premières manifestations, les autorités iranienne ont clairement empêché les journalistes étrangers d’exercer leur profession en les renvoyant dans leurs pays ou, pour ceux qui restaient malgré tout, en leur interdisant de filmer ou de photographier quoi que ce soit et, maintenant, en les obligeant à rester dans leurs bureaux. Il faut dire que les manifestations pro-Moussavi ont rassemblé et rassemblent encore des centaines de milliers d’Iraniens, voire des millions, et encore plus les soutiennent à travers le monde. Ces manifestations sont très durement réprimées ; dans le sang (certaines images peuvent choquer). Depuis le début des manifestations, ont dénombre au moins 7 morts et de très nombreux blessés plus ou moins grave, sans compter les interpellations. Les milices de l’État tirent sur la foule, et tuent, comme le montrent les vidéos que les manifestants produisent eux-même, puisqu’ils sont aussi obligés de se substituer à une presse muselée ou muette.
Hier matin, les journaux iraniens ont - enfin - évoqué ces manifestations, pourtant immenses, en mettant en vis-à-vis une autre photo d’une contre-manifestation pro-Ahmadinejad organisée par le pouvoir, photo truquée (mais Ahmadinejad a l’habitude) puisqu’elle n’a pas tout à fait eu le même succès que la vraie révolte :

Photo iranienne truquée

Mais malgré les violentes répressions, la mobilisation continue et ne cesse de prendre de l’ampleur ; malgré les menaces de mort proférées par les autorités, la révolte gagne tous les Iraniens, même les footballeurs (et le football, en Iran, tient une place très importante).
Internet est une véritable bulle d’air pour les opposants et Twitter un des lieux d’informations privilégiés, mais déjà, on apprend que des utilisateurs de ce service sont arrêtés, que le net iranien est lourdement censuré.

Nous devons les aider !

Il y a plusieurs moyens d’agir. Face au courage que déploient les manifestants, nos moyens d’actions à nous, derrière nos écrans, sont certes ridicules, mais s’ils peuvent contribuer à aider, ne serais-ce que de manière infime, nous devons le faire.
Pour les utilisateurs de Twitter, il est en premier lieu assez intéressant de changer le fuseau horaire et la location pour, respectivement, GMT+3H30 et une ville iranienne comme Téhéran, et ce afin de noyer les vrais Iraniens dans une masse importante d’utilisateurs et rendre ainsi plus complexe le travail du gouvernement qui, comme je l’ai dit tout à l’heure, interpelle encore et toujours les opposants, y compris les utilisateurs du service de micro-blogging qui est, littéralement et heureusement, noyé sous les informations et commentaires.
Il est encore plus intéressant de configurer un proxy squid et de le communiquer, via DM Twitter, @austinheap ou @ProtesterHelp.
Ces moyens d’actions, et d’autres, sont recensés aux adresses suivantes ;

Au-delà de l’aide logistique que nous pouvons apporter via, par exemple, un proxy, il faut absolument faire connaître au monde le réalité des répressions que subissent, actuellement, les opposants Iraniens. Au-delà de toute considération politique (Ahmaninejad n’est pas un saint, pas plus que Moussavi, même si les deux ne sont pas tout à fait les mêmes, n’en déplaise à Obama), c’est pour les Libertés que nous devons, autant que faire se peut, les aider. Les droits de l’Homme doivent s’appliquer partout, même en Iran.

Politique & logiciel libre : tribune de Cohn-Bendit dans Le Monde

Un rapide billet pour vous signaler qu’on retrouve dans Le Monde sorti ce soir et daté du 16 juin 2009 une tribune de Daniel Cohn-Bendit, élu député européen sur les listes Europe Écologie en Ile de France, intitulée « Faisons passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre ». Ce n’est absolument pas une parodie, et c’est même assez riche d’enseignements ; c’est à découvrir dans la version papier ou sur le site du Monde.

Morceaux choisis :

« Depuis une semaine, je dis et répète : Europe Ecologie n’est pas propriétaire de ses électeurs. Si un droit de propriété électoral devait exister, ce serait évidemment celui des citoyens sur les formations qui les représentent, et non l’inverse ! Saine évidence que nos concurrents - et peut-être futurs partenaires - devraient méditer. »

« Les idées, pas plus que les personnes, n’appartiennent pas à quelqu’un. Elles ont vocation à circuler librement, à se propager et à évoluer aux contacts des autres. »

« Alors, à la lancinante question du « qu’allons-nous faire », je réponds que nous allons continuer à briser la logique du « système propriétaire » qui domine notre vie politique nationale, tant au niveau global qu’au niveau local, tant par l’Europe qu’à l’occasion des élections régionales. Plus que jamais, nous allons promouvoir la notion de « logiciel libre » appliquée à la politique et à la société. »

« Dans la politique, comme dans la nature, la biodiversité est une richesse et toute tentative de nous fondre dans une sorte de grand parti social-démocrate serait synonyme d’appauvrissement. Nous voulons essaimer nos façons de faire et de penser la politique auprès de nos concurrents et potentiels partenaires. »

Une vision inhabituelle et intéressante de la politique, à lire de toute urgence !

« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans »

Dimanche 14 juin 2009. En cette belle journée où Le Che, s’ils vivait encore, aurait soufflé sa quatre-vingt-unième bougie, j’entre dans ma dix-huitième année comme César entra dans Rome, pour s’en emparer, la diriger et la conduire à la gloire, franchissant tout autant convaincu que lui mon Rubicon dominical et vous gratifiant par là même d’un bateau ivre discursif que je me suis tout de même efforcé d’organiser.
Je vais tout d’abord évoquer la Seconde Guerre mondiale, puisque le 14 juin 1940, c’est avant tout la date à laquelle les nazis ont envahi Paris, dans le cadre terrible d’une guerre qui fit trembler la Terre entière. Après avoir visité le camp de concentration du Struthof, après avoir traversé le mémorial d’Alsace Moselle, après avoir écouté Mme Kolinka, déportée juive revenue en vie des camps de la mort, je suis encore plus convaincu que jamais de l’imbécilité profonde de la guerre. L’Allemagne nazie a entassé des millions d’hommes et de femmes dans des baraques comme on entasse aujourd’hui les poulets en batterie, sans eau ni nourriture suffisantes, seulement parce qu’ils étaient juifs, seulement parce qu’ils étaient homosexuels ou seulement parce qu’ils étaient communistes. Polonais, Français, Allemands ; toutes les langues et toutes les communautés étaient mêlées dans ces bâtisses de la honte, où chacun était sans cesse obligé de travailler, subissant jours et nuits caprices et railleries des kapos et des SS. Quels mots peuvent qualifier l’horreur de cette guerre, l’ignominie des camps ? Aucun, je le pense, n’est assez dur ni assez lourd pour cela. Comment l’Homme a-t-il pu fomenter une organisation de la mort aussi abominable que la solution finale ? Une fois encore, je n’en sais rien. Tout ce que je sais c’est que des soldats sont morts, que des Hommes ont souffert et que la guerre n’a apporté que ruines et désolation. Des lumières d’humanisme ont cependant brillé dans le brouillard de la guerre, comme le consul portugais Aristides de Sousa Mendes, ou l’arriviste allemand Oskar Schindler, qui ont sauvé des dizaines de milliers de juifs de la déportation avant qu’un jour, dans leur vie, le printemps ne refleurisse.
Alors, sur les ruines encore fumantes de la Seconde Guerre mondiale, est née l’Union Européenne, d’abord Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, liant les sœurs ennemies française et allemande et n’ayant plus d’autre but, désormais, que la Paix. Pourtant, depuis ces événements terribles, d’autres exemples de tortures, de génocides et de guerres sanglantes et inhumaines abondent. Le pieu vœu de l’Union Européenne que les peuples soient frères dans la Paix universelle est encore un doux rêve d’enfant, une utopie juvénile, mais dans laquelle nous devons absolument placer tous nos espoirs. Le 14 juin, c’est aussi le jour de la signature des accords de Schengen qui, en 1985, accordent à tous les européens la liberté de circulation dans les États de l’Union. De l’invasion de Paris à la mise en place de ce traité, des lignes de barbelés à la disparition des frontières, l’Europe, et donc le Monde, a progressé sur le chemin encore long et ardu de la Paix. C’est aussi en raison de ce lourd héritage que nous n’avons pas le droit d’abandonner l’Union Européenne et par là même le rêve pacifique de son père fondateur, Robert Schumann. Les chiffres de l’abstention des élections de dimanche dernier sont donc inacceptables.
À l’image de Sousa Mendes et de Schindler, il y a, de nos jours encore, des héros ordinaires qui, comme les Justes qui cachèrent des Juifs pendant la guerre, abritent des immigrés, réfugiés dit « clandestins », que notre gouvernement stigmatise au travers de son terrifiant Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Il y a quelques semaines de cela, le Parti Socialiste proposait à l’Assemblée Nationale l’abrogation du « délit de solidarité » qui condamne l’aide de clandestins à de lourdes peines de prison et de très fortes amendes. M. Besson, Ministre de l’Immigration, a alors balayé d’un revers de manche cette proposition venue de son ancien camp, arguant que la loi n’était jamais appliquée. Pourtant, il y a deux jours, on a appris dans Le Monde que Claudine Louis, 58 ans, était poursuivie pour avoir aidé un jeune Afghan… La France envoie des soldats combattre les talibans, en Afghanistan, et n’accorde même pas l’asile à ceux qui les fuient !
Lorsque j’entends la mise en place d’une politique de quotas pour les expulsions de sans-papiers, lorsque j’apprends que la France envoie sans cesse plus d’hommes et de femmes mener des guerres inutiles partout dans le monde, lorsque je vois, enfin, les cités-ghettos où s’entassent des étrangers, les différences qui règnent encore entre les hommes et les femmes, les scores et les propos du Front National, le racisme ambiant, je me sens « en étrange pays dans mon pays lui-même » (Aragon).
Et ce ne sont pas là les seules dérives. Depuis un an, contre l’évolution et contre la jeunesse, le Ministère de la Culture aux ordres de l’Élysée a tenté d’imposer sa loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet, mieux nommée HADOPI, qui ne favorisait non seulement pas la Culture, mais n’avait en fait pour seul but que la répression des internautes. Rejetée une première fois par le Parlement, imposée en seconde lecture par le gouvernement, repoussée par le Parlement Européen, c’est finalement le Conseil Constitutionnel qui a signé sa fin en censurant la partie « répression » de la loi, mercredi dernier, infligeant du même coup un camouflet au Président et à son gouvernement autoritaire. Mais déjà, après cette victoire des libertés, se profile une autre menace législative : la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (la LOPPSI), cette fois fourre-tout issu d’un Ministère de l’Intérieur qui veut resserrer les vis en mettant en place une surveillance à la 1984 (Orwell). Notre Président instaure, petit à petit mais de façon certaine, un État scandaleusement autoritaire, triste écho d’un sombre passé dont j’ai déjà parlé ; chaque loi qu’il promulgue est un pas vers la dictature et, au fil du temps, nos libertés s’érodent, s’amenuisent, périclitent.
Face à cela, il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun. L’Homme a fait Dieu à son image, à ses désirs, et c’est par pure peur que l’Homme a imaginé la religion, la vie après la mort. La religion, c’est une folie qui dit que pour pouvoir bien vivre une fois mort, il faut avoir mal vécu tant qu’on était en vie. La religion, en fait, n’a servi qu’à ralentir le progrès ; pour le Vatican, la Terre n’est devenue ronde qu’en 1992, l’année de ma naissance, j’avais alors à peine quelques mois. La religion, c’est aussi l’antichambre du sexisme, le frein le plus pernicieux à l’égalité des sexes et à la parité. La religion, enfin, c’est la bride la plus solide à toute Liberté. Le prêtre promet la vie éternelle ; je n’en veux pas ! Je veux simplement vivre ; la vie, si elle est éternelle, est insensée ; la vie, sans arrêt, c’est la mort de l’envie. Mais heureusement la religion, cette idée infondée, sans sens scientifique, sans rationalité aucune, est en déclin. Vivons, simplement, à la seule lumière de la raison, puis mourrons.
Aujourd’hui, j’ai dix-sept ans. J’aime Rimbaud, Voltaire, Éluard, Aragon, la Liberté, la Paix, la Nature, les oiseaux, les Hommes et les Femmes, j’aime l’Humanité mais je hais cependant guerres et religions.
Je ne veux, pour moi et pour le monde, que Liberté et Bonheur, et je me battrai pour cela, car « il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage » (Périclès). C’est utopiste, sans doute, mais « on n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » (Rimbaud).

Le Conseil Constitutionnel censure la partie riposte d’HADOPI !

Ce mercredi 10 juin 2009 restera gravé dans les annales comme le jour de le mort du projet de loi HADOPI. Les sages du Conseil Constitutionnel ont en effet décidé en cette belle journée de censurer la partie riposte de la loi controversée, signant là la fin d’un long et haletant feuilleton médiatico-politique. Le Conseil Constitutionnel a décidé qu’« Internet est une composante de la liberté d’expression et de consommation » (alors, Mme Albanel, Internet n’est pas un droit fondamental disiez-vous ?), en plus de rappeler qu’« en droit français c’est la présomption d’innocence qui prime ». Cela, nous - les détracteurs d’HADOPI, les fameux « cinq gus dans un garage » - l’avions annoncé dès le début. L’HADOPI a donc les mains liées par les sages, qui rappellent que « c’est à la justice de prononcer une sanction lorsqu’il est établi qu’il y a des téléchargements illégaux », mettant l’armada répressive de la loi au tapis. Le Conseil conclut donc : « Le rôle de la Haute autorité est d’avertir le téléchargeur qu’il a été repéré, mais pas de le sanctionner ».
Hadopi avait été rejetée par les députés, avant que le gouvernement ne l’impose aux votes, en deuxième lecture ; le Parlement Européen s’y était formellement opposé avec l’amendement 138 ; nombre d’internautes, d’artistes, de défenseurs des libertés n’en voulaient pas. Le Conseil Constitutionnel, en sonnant le glas de cette mauvaise loi, remet donc à sa place un gouvernement entêté et une ministre de la Culture incompétente.
Cette censure fait suite au recours, déposé par les socialistes le 19 mai dernier. Un recours qui ne laissait, il est vrai, guère d’espoir jusqu’à ce que certains articles récents, écrits par d’éminent juristes, ne viennent épingler la loi. Patrick Bloche (député SRC) peut exulter ; les députés de gauche (sauf Jack Lang, mais est-il encore de gauche ?) aussi, ainsi, bien entendu, que tous les internautes, les gus de la quadrature du net, les geeks amateurs de logiciels libres, les amoureux d’internet : pour le Conseil Constitutionnel, Internet est un droit fondamental.

Anéfé, c’est une victoire, qui risque de faire des furieux (petits, et avec des Rolex, si vous voyez ce que je veux dire), et qui fera peut-être même rentrer Mme Albanel à Versailles un peu plus tôt que prévu : démission, ou départ lors du prochain remaniement ? Pauvre Christine ; au lendemain du vol, au musée Picasso, d’un carnet du maître, voilà que dix gus dans un conseil censurent sa loi…

Au revoir, Mme Albanel.

(Dans la suite de la lutte perpétuelle contre l’imbécilité gouvernementale, je vous donne rendez-vous pour la LOPPSI…)

Élections européennes 2009

23H23 : Les derniers résultats estimés par la Sofres donnent 28 % pour l’UMP, 16,8 % pour le PS, 16,2 % pour Europe Écologie, 8,5 % pour le MoDem, 6,5 % pour le FN, 6,3 % pour le Front de Gauche, 4,8 % pour le NPA et pour Libertas, 1,2 % pour LO et 6,9 % pour l’ensemble des autres listes. Cela correspond à 30 sièges pour l’UMP, 14 pour le PS, 14 pour Europe Écologie, 6 pour le MoDem, 4 pour le Front de Gauche, 3 pour le FN et 1 pour Libertas. Le sous-total des voix de gauches (39,3 %) est supérieur au sous-total des voix de droite (34,9 %).
Dans le même temps, nous avons (enfin) les premières projections en sièges du Parlement Européen :

  • PPE : entre 263 et 273 sièges
  • PSE : entre 155 et 165 sièges
  • ALDE : entre 78 et 84 sièges
  • VERTS : entre 52 et 56 sièges
  • GUE : entre 33 et 37 sièges
  • UEN : entre 33 et 37 sièges
  • IND/DEM : entre 15 et 19 sièges
  • Autres : entre 83 et 89 sièges

Voilà, je m’arrête là pour cette journée électorale. La composition finale du parlement sera disponible sur http://www.elections2009-results.eu/fr/index_fr.html dès que possible ; le site propose en attendant une estimation.

21H01 : En Ile de France, l’UMP est à 30,5 %, Europe Écologie à 19,7 % et le PS à 14 %, Europe Écologie arrive donc bien second, Benoit Hamon n’ira sans doute pas à Strasbourg.

20H23 : Le bruit court que le score du PS, à Paris, est d’environ 10 % !

20H16 : D’après l’estimation OpinionWay, l’UMP obtient 28,4 % des voix, le PS 16,8 %, Europe Écologie 15,1 %, le MoDem 8,5 % et toutes les autres listes font des scores inférieurs à 7 %.

20H08 : Dans le Sud-Est, la liste PS de Peillon, avec 15,5 %, serait derrière la liste Europe Écologie qui récolterait, elle, 17 % des voix.

20H00 : France 2 annonce 28,3 % pour l’UMP, 17,5 % pour le PS, 14,8 % pour Europe Écologie, et moins de 10 % pour le MoDem.

19H51 : Europe Écologie devant le PS à Brest ; le PS n’obtiendrait que 16 % des voix dans l’Est.

19H45 : D’après la Sofres, l’UMP obtiendrait 28 % des voix, le PS tournerait autour de 17 % (une vraie déception), le MoDem serait nettement en-dessous des 10 %, et Europe Écologie, l’excellente surprise de ces élections, remporterait plus de 15 % des suffrages, extrêmement proche du PS.
Pour les autres listes  le Front de Gauche obtiendrait 7 % des suffrages, le NPA autour de 5 %, le FN et Libertas étant au coude à coude, vers les 5 %.

19H41 : Les rumeurs, les sondages et les bruits de couloirs commencent à s’accorder. On s’attend à un bon score de l’UMP, à un score étonnement bon pour Europe Écologie et à des scores très décevants pour le PS et le MoDem. L’ambiance se tend dans les QG.

19H36 : Au Royaume-Uni, les dernières estimations accordent 26 sièges aux conservateurs, 18 sièges à l’extrême droite UKIP et 16 sièges au Labour…

19H34 : Le secret des chiffres est bien gardé, mais il est de plus en plus évident qu’Europe Écologie fait un excellent score.

19H33 : Benoit Hamon risque bel et bien de ne pas être élu.

19H30 : Nouvelle estimation de l’abstention, par OpinionWay, à 59,3 %.

19H16 : Panique au PS, il ferait un score inférieur aux attentes ; y a-t-il eu report de votes envers Europe Écologie ?

19H11 : Première estimations TNS Sofres :

  • UMP 28,5 %
  • PS 17,5 %
  • Verts 14 %
  • Modem 9 %
  • FN 7 %
  • Front de Gauche 6 %
  • NPA 5 %

19H03 : OpinionWay réajuste son estimation de l’abstention à 60 %, c’est un chiffre historiquement haut.

19H00 : Les premiers sondages sortis des urnes donnent 18 à 23sièges pour l’UMP, 14 à 19 pour le PS, 11 à 14 pour Europe Écologie et 8 à 10 pour le MoDem.

18H57 : En Bulgarie, c’est la droite qui semble l’emporter, recueillant entre 25,5 % et 26,5 % des voix, alors que les socialistes n’ont récolté qu’entre 19,5 % et 20 % des scrutins.

18H41 : En Grèce, l’opposition socialiste arrive en tête, raflant entre 36 % et 39,5 % des voix, devançant la ND, créditée de 30 % à 33 % des voix. C’est l’inverse, à peu de choses près, de ce qu’il s’était passé en 2004.

18H44 : En Allemagne, les mesures s’affinent et donnent 38-43 sièges pour le PPE, 21-23 pour le PSE, 12-13 pour les verts, 11-12 pour ALDE et 7-8 pour EUL.

18H41 : Sortie des urnes TNS :

  • UMP : 25 %
  • PS : entre 19 % et 20 %
  • Europe Écologie : 15 %
  • MoDem : entre 10 % et 11 %

18H37 : On retrouve en effet beaucoup de bulletins Europe Écologie dans les dépouillements des votes terminés à 18 heures ; un bon score pour Europe Écologie est donc tout à fait possible.

18H31 : Opinion way estime l’abstention à 58 %.
Premières estimations CSA, sondages sortis des urnes :

  • UMP : entre 25 % et 28 %
  • PS : entre 20 % et 21 %
  • Europe Écologie : entre 14 % et 16 %
  • MoDem : entre 10 % et 12 %

18H17 : En Allemagne, les conservateurs du parti d’Angela Merkel sont largement en tête des premiers résultats, avec 38 % des voix.

18H06 : Le taux de participation dans les eurorégions, à 17 heures :

  • Nord-Ouest : 32 %
  • Ouest : 35,47 %
  • Est : 31,76 %
  • Sud-Ouest : 35,67 %
  • Sud-Est : 33 %
  • Massif Central-Centre : 35,55 %
  • Île-de-France : 30,20 %

18H03 : TNS SOFRES estime le taux de participation à 60 %.

17H47 : Europe Écologie serait deuxième en Ile-de-France, l’information est bien sûr encore à mettre au conditionnel mais tend à se confirmer. Cela serait une véritable surprise et priverait sans doute Benoit Hamon (PSE) de son siège.

17H40 : Soupçons de fraude en Bulgarie ; trois personnes soupçonnées d’avoir exercé des pressions et d’avoir proposé de l’argent à des citoyens pour qu’ils votent pour un parti ont été interpelées. Des faits similaires ont été signalés à divers endroit du pays.

17H10 : À 17 heures, le ministère de l’Intérieur annonce un taux de participation de 33,18 % (sensiblement le même taux qu’en 2004).

16H25 : Les premiers résultats en Autriche donnent 6 sièges au PPE, 4 au PSE, 1 aux verts, 3 à l’eurosceptique Martin, 2 au FPÖ et 1 à BZ.

16H08 : À Chypre, le PPE remporte 2 sièges, le PES 1, ALDE 1 et EUL 2. À Malte, les premiers résultats se confirment avec 3 sièges pour le PSE et deux pour le PPE.

15H36 : Selon les premiers résultats partiels en Autriche, les socialistes obtiennent 24 % des voix, les conservateurs 30,6 %, H.P.Martin (eurosceptique) 18,1 %, les verts 9,1 % et le Freedom Party (extrême-droite) 12,7 %.

14H57 : Voici le score des « quatre grands partis » dans le sondage non publiable d’un grand institut, effectué hier :

  • UMP : 28,5 %
  • PS : 18 %
  • Europe Écologie : 16,5 %
  • MoDem : 10 %

Ce sondage conforte Europe Écologie en troisième place, devant le MoDem, et cristallise les positions de l’UMP et du PS.

14H52 : À Malte, selon les premiers dépouillements, le Labour (PES, socialistes) semble gagner avec 57 % des voix alors que le PN (PPE, droite) obtiendrait lui 40 % des scrutins.

14H29 : Résumé des taux de participations à la mi-journée :

  • France : 14,81 %
  • Portugal : 11,84 %
  • Espagne : 24,03 %
  • Pologne : 6,65 %
  • Roumanie : 10,24 %
  • Bulgarie : 19,32 %
  • Slovaquie : 19,04 %
  • Italie : 30,7 %

14H13 : Le taux de participation en Italie est en baisse de 3 points par rapport à 2004, il s’élève à 30,7 % (les Italiens votent depuis samedi).
En France, voici les taux de participation à la mi-journée dans chaque eurorégion :

  • Nord-Ouest : 13,22 %
  • Ouest : 15,53 %
  • Est : 14,27 %
  • Sud-Ouest : 17,06 %
  • Sud-Est : 16,19 %
  • Massif Central-Centre : 15,85 %
  • Île-de-France : 12,01 %

14H05 : En Bulgarie, à 13h00, la participation s’élevait à 19,32 %.

12H33 : Selon un sondage réalisé samedi et non-publié, le PS se tasse à 18 % et les listes Europe Écologie seraient « très hautes » au-dessus du MoDem.

12H25 : Selon le Ministère de l’Intérieur, le taux de participation en France métropolitaine s’élève, à la mi-journée, à 14,81 %, soit 1 point de plus qu’en 2004.

Dans le même temps, voici les résultats pour la Slovaquie, où la participation s’est élevée à 19,04 % :

  • Smer-SD 31,8 % (Socialistes)
  • SDKÚ-DS 16,97 %
  • SMK 11,35 %
  • KDH 10,09 %
  • HZDS 8,9 %
  • SNS 5,55 % (Ultranationalistes)

12H00 : Nous y sommes, les bureaux de vote ont ouvert ce matin à 8 heures dans les huit eurorégions métropolitaines, de même que dans une bonne partie des autres pays de l’Union Européenne (ceux qui n’ont pas encore voté). Tout au long de cette journée, rythmée par les chiffres de l’abstention, les premières estimations et les résultats finaux en France, je vais tenter de nager dans le sillon des grands médias et vais donc essayer de centraliser, en temps réel, toutes les informations, qu’ils proviennent des sites de grands quotidiens nationaux (Le Monde, Le Figaro, Libération, …) ou d’internautes directement (au moyen d’Identi.ca, Twitter, …)

Les chiffres de l’abstention sont d’ors-et-déjà connus pour les DOM-TOM ;

  • Taux de participation à Saint-Pierre-et-Miquelon : 21,35 % (18,25 % en 2004)
  • Taux de participation en Guyane : 12,59 % (14,39 % en 2004)
  • Taux de participation en Guadeloupe : 14,61 % (15,28 % en 2004)
  • Taux de participation en Martinique : 13,8 3% (17,95 % en 2004)
  • Taux de participation en Polynésie française : 15,36 % à 17 heures (39,85 % en 2004)

Je vous donne rendez-vous dans quelques minutes pour le taux de participation, en France, à la mi-journée.

Élections européennes : le pacte du logiciel libre dans l’eurorégion est

Aujourd’hui se tiennent les élections européennes en France, comme dans une bonne partie de l’Union Européennes ; l’April a donc, comme pour les échéances électorales précédentes, proposé aux candidats de signer son désormais célèbre « pacte du logiciel libre ». Dans mon eurorégion, l’eurorégion est, 9 sièges sont à pourvoir et 19 listes se sont officiellement présentées aux suffrages. Parmi celles-ci, les têtes de liste Europe Écologie (Sandrine Bélier), Front de Gauche (Hélène Franco), Europe Démocratie Espéranto (Fabien Tschudy) et Nouveau Parti Anticapitaliste (Yvan Zimmermann) ont signé le fameux pacte, s’engageant donc à défendre le logiciel libre au niveau européen s’ils sont élus. Selon le dernier sondage BVA du 3 juin, Sandrine Bélier a de bonnes chances d’entrer au parlement européen ; il se pourrait même, mais c’est beaucoup moins évident, qu’Yvan Zimmermann ou Hélène Franco soit élu. On ne peut par contre pas en dire autant de la tête de liste Europe Démocratie Espéranto ; il est en effet bien peu probable que Fabien Tschudy obtiennent un nombre suffisant de voix.
À l’opposé, Jean-François Kahn, numéro 1 de la liste MoDem, a refusé de signer le pacte. Cependant, celui-ci a promis, si le MoDem n’obtenait qu’un siège, de laisser sa place à la numéro 2, Nathalie Griesbeck, qui a elle signé le pacte. Toujours selon le sondage BVA, ce scénario est envisageable, et risque même fortement de se produire.
La procédure est en cours pour d’autres têtes de listes : Christophe Beaudouin (Libertas), Joseph Daul (UMP), Jean-Pierre Gérard (Debout la république), Bruno Gollnisch (Front National), Claire Rocher (Lutte Ouvrière) et Catherine Trautmann (Parti Socialiste), dont on ne sait donc pas s’ils vont, finalement, signer ou non le texte. Enfin, certains candidats n’ont pas pu être contactés ; c’est le cas de Christian Braga (Alternative Libérale), Marie-Laurence Chanut (Parti Humaniste), Thomas Cuerq (Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne), François Guérin (Newropeans), Antoine Waechter (Alliance Ecologiste Indépendante), Antonio Sanchez (Communistes), Catherine Bahl (Europe Décroissance) et Sandrine Pico (Une France royale au cœur de l’Europe).
Au niveau des têtes de listes, on aura donc probablement entre deux ou trois élus signataires, et il ne faut pas espérer que d’autres candidats viennent grossir ce chiffre. Les numéros 2 et 3 de la liste UMP, qui ont de bonnes chances d’entrer au parlement, n’ont en effet pas été contactés, pas plus que les numéros 2 des listes PS et FN, qui ont eux-aussi de bonnes chances ce soir.
Sur les 9 élus dont on découvrira l’identité dans la soirée, il y aura donc probablement deux signataire, trois avec un peu de chance, alors que 12 candidats ont signé, dans l’eurorégion est, le pacte du logiciel libre.

Le sondage qui sert d’appui à cet article a été réalisé par l’Institut BVA du 27 mai au 1er juin, par téléphone, auprès d’un échantillon de 3 527 personnes, constitué de 7 échantillons de 500 personnes représentatifs de la population de 18 ans et plus grâce à la méthode des quotas, inscrites sur les listes électorales de chaque eurorégion. Il n’est pas une prévision du résultat mais simplement un aperçu des tendances au moment de sa réalisation.