Élections européennes : le pacte du logiciel libre dans l’eurorégion est

Aujourd’hui se tiennent les élections européennes en France, comme dans une bonne partie de l’Union Européennes ; l’April a donc, comme pour les échéances électorales précédentes, proposé aux candidats de signer son désormais célèbre « pacte du logiciel libre ». Dans mon eurorégion, l’eurorégion est, 9 sièges sont à pourvoir et 19 listes se sont officiellement présentées aux suffrages. Parmi celles-ci, les têtes de liste Europe Écologie (Sandrine Bélier), Front de Gauche (Hélène Franco), Europe Démocratie Espéranto (Fabien Tschudy) et Nouveau Parti Anticapitaliste (Yvan Zimmermann) ont signé le fameux pacte, s’engageant donc à défendre le logiciel libre au niveau européen s’ils sont élus. Selon le dernier sondage BVA du 3 juin, Sandrine Bélier a de bonnes chances d’entrer au parlement européen ; il se pourrait même, mais c’est beaucoup moins évident, qu’Yvan Zimmermann ou Hélène Franco soit élu. On ne peut par contre pas en dire autant de la tête de liste Europe Démocratie Espéranto ; il est en effet bien peu probable que Fabien Tschudy obtiennent un nombre suffisant de voix.
À l’opposé, Jean-François Kahn, numéro 1 de la liste MoDem, a refusé de signer le pacte. Cependant, celui-ci a promis, si le MoDem n’obtenait qu’un siège, de laisser sa place à la numéro 2, Nathalie Griesbeck, qui a elle signé le pacte. Toujours selon le sondage BVA, ce scénario est envisageable, et risque même fortement de se produire.
La procédure est en cours pour d’autres têtes de listes : Christophe Beaudouin (Libertas), Joseph Daul (UMP), Jean-Pierre Gérard (Debout la république), Bruno Gollnisch (Front National), Claire Rocher (Lutte Ouvrière) et Catherine Trautmann (Parti Socialiste), dont on ne sait donc pas s’ils vont, finalement, signer ou non le texte. Enfin, certains candidats n’ont pas pu être contactés ; c’est le cas de Christian Braga (Alternative Libérale), Marie-Laurence Chanut (Parti Humaniste), Thomas Cuerq (Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne), François Guérin (Newropeans), Antoine Waechter (Alliance Ecologiste Indépendante), Antonio Sanchez (Communistes), Catherine Bahl (Europe Décroissance) et Sandrine Pico (Une France royale au cœur de l’Europe).
Au niveau des têtes de listes, on aura donc probablement entre deux ou trois élus signataires, et il ne faut pas espérer que d’autres candidats viennent grossir ce chiffre. Les numéros 2 et 3 de la liste UMP, qui ont de bonnes chances d’entrer au parlement, n’ont en effet pas été contactés, pas plus que les numéros 2 des listes PS et FN, qui ont eux-aussi de bonnes chances ce soir.
Sur les 9 élus dont on découvrira l’identité dans la soirée, il y aura donc probablement deux signataire, trois avec un peu de chance, alors que 12 candidats ont signé, dans l’eurorégion est, le pacte du logiciel libre.

Le sondage qui sert d’appui à cet article a été réalisé par l’Institut BVA du 27 mai au 1er juin, par téléphone, auprès d’un échantillon de 3 527 personnes, constitué de 7 échantillons de 500 personnes représentatifs de la population de 18 ans et plus grâce à la méthode des quotas, inscrites sur les listes électorales de chaque eurorégion. Il n’est pas une prévision du résultat mais simplement un aperçu des tendances au moment de sa réalisation.

Albanel ministre de la Culture et de la Propagande

Le 14 février dernier, peu après dix-huit heures, le ministère de la Culture a opéré un acte qui relève clairement de la propagande, en modifiant l’article « Loi Hadopi » pour l’adapter à sa sauce. Cela prend une importance considérable lorsqu’on connait le nombre de visites sur cette page : chaque jour, plus de 3 000 internautes la consulte, avec un maximum atteint le 9 avril dernier, jour du rejet surprise du texte issu de la commission mixte paritaire, de 17 600 consultations. Le ministère a donc bien vite saisi l’importance de la page, et l’a modifiée en douce. En effet, l’adresse IP (si chère à Mme Albanel) 143.126.11.222 a effectué quatre modifications, en l’espace d’un quart d’heure, afin d’ajouter un lien vers le site de propagande jaimelesartistes.fr et de modifier des parties concernant l’amendement 138 à deux reprises. Le hic, c’est qu’on retrouve sans trop de mal le nom de domaine associé à cette IP, et il s’agit de proxy-valois.culture.fr (on retrouve d’ailleurs dans la description du whois « Centre des Telecommunications Ministere de la culture, de la communication, des grands travaux et du bicentenaire »). Il s’agit bel et bien d’une manipulation issue du Ministère de la Culture, auquel on peut donc accoler le nom de Propagande, rappelant de la sorte des heures bien sombres de l’Histoire.
Deux modifications, qui sont scandaleuses, retiennent plus particulièrement l’attention, ce sont celles qui concernent l’amendement 138.
Première modification, le ministère de la Culture remplace « cet amendement remet en cause la suspension de l’accès internet par la riposte graduée. » par « Cet amendement qui était présenté par certains de ses auteurs comme remettant en cause la suspension de l’accès internet par la riposte graduée a toutefois été supprimé par les Etats membres de l’Union européenne lors de l’examen du Paquet Télécoms par le Conseil. » La seconde modification est du même genre, toujours sur l’amendement Bono, on a cette fois remplacé « Ce qui signifie que pour couper l’accès internet d’un abonné il faut d’abord passer par un tribunal (ce qui remet en cause la suspension de l’accès Internet de la riposte gradué). Le texte du [[Paquet Télécoms]] n’est pas définitif. » par « Cet amendement a été interprété par certains de ses promoteurs – et notamment le député socialiste français Guy Bono – comme faisant obstacle à la suspension de l’accès à Internet sans décision judiciaire : selon Guy Bono en effet, la possibilité de disposer d’une connexion Internet à domicile devrait être qualifiée de liberté fondamentale. Ce point de vue reste discuté, aucune juridiction d’aucun pays de l’Union européenne n’ayant pour l’instant conféré un tel statut à l’accès Internet. En tout état de cause, l’amendement 138 a été écarté du [[Paquet Télécoms]] par les 27 Etats membres lors de son examen en première lecture par le Conseil de l’Union européenne. Le [[Paquet Télécoms]] fera toutefois l’objet d’une seconde lecture au printemps 2009, par le Parlement Européen puis par le Conseil. »
Sur le fond, on peut se demander pourquoi le gouvernement français s’entête au niveau européen à évincer l’amendement Bono, que le Conseil n’a de cesse de le liquider sous la pression française, malgré son vote par des majorités écrasantes d’eurodéputés, s’il n’a en fait aucun impact sur la riposte graduée ?
Sur la forme, de telles modifications en douce sont intolérables, scandaleuses même, puisqu’elles traduisent clairement une volonté du Ministère de la Culture de manipuler les esprits.
Après l’éviction d’un salarié de TF1, dont la seule faute est d’être contre le projet de loi HADOPI, la révélation d’une telle manipulation aujourd’hui ne peut qu’indigner profondément les internautes et les citoyens français. Fort heureusement, ces modifications éhontées, contre l’idée même du fonctionnement de Wikipédia, sont le plus souvent rapidement annulée.

Source :

Alain Marty, député godillot

alain martyHADOPI a été rejetée, la semaine dernière, par une petite poignée de députés, soulignant au passage un -grave ?- problème : l’absentéisme de ceux-ci. Le mien, lui, était là ; il ne fait pas parti de ces députés qui ne daignent pas se déplacer dans l’hémicycle, non. Lui est d’un autre genre, c’est un véritable godillot.
Godillot, ai-je écrit. Pour le wiktionnaire, il s’agit d’une « Personne exécutant les ordres ou suivant les consignes sans discuter, en particulier parlementaire qui suit sans discuter les consignes de vote de son parti. » Et ce même site de donner les exemples suivants : « Parti godillot, vote godillot, député godillot« . C’est donc précisément le bon qualificatif que j’ai employé au vu du comportement de M. Marty à l’Assemblée.
Déjà, on peut s’étonner qu’il y soit. Pourquoi diantre cet homme, godillot, donc, de l’UMP, qui n’a durant sa foultitude de mandats pas brillé au Palais-Bourbon, est-il à ce moment là de l’année dans l’enceinte de la prestigieuse institution pour voter un texte qui l’est, lui, beaucoup moins ? On n’est en effet pas habitués à ses frasques. Depuis 2007, il n’est intervenu que sept fois en séance et n’a rédigé qu’une seule et unique proposition de loi. D’ordinaire allégorie de l’absentéisme parlementaire, M. Marty nous gratifie donc de sa présence… on eu préféré son absence, car même présent, il se fait l’illustration de l’inactivité la plus profonde, du désintéressement le plus terrifiant.
Jeudi 12 mars, tout commence. Dès quinze heures quinze, mon très cher député escalade les bancs de l’Assemblée pour s’asseoir tout en haut, et dominer ainsi un espace horriblement vide. Mais ne songez pas qu’il se mette alors à travailler ; en lieu et place de s’intéresser alors aux débats, il sort un livre à l’aspect ancien… et se met à le lire. En bon robot de Mme Albanel, il lèvera la main aux bons moments, laissant cependant la tête baissée sur son ouvrage qui semble plus passionnant que la loi et les discussions de la représentation nationale. Il agira de la sorte durant toutes les séances, le regard tantôt ancré sur une revue, tantôt sur un livre. En réalité, il se fout d’Internet, il préfère la littérature, mais c’est un bon godillot, voilà tout.
C’est un fait : pas une fois il n’a pris la parole, et il n’a ni déposé, ni même signé un seul amendement. En fait, il n’a, en tout et pour tout, prononcé que vingt-cinq mots, uniquement des invectives, du style « C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! » Force est de constater qu’en plus, le bougre ne fait pas dans l’originalité…
L’Assemblée, à travers lui, ressemble encore plus à une chambre d’enregistrement. Comment voulez-vous que l’on se satisfasse d’une loi (non encore) votée par un type en train de lire un magazine ou je ne sais quel classique ?
M. Marty tenait dans ses mains un livre ancien, alors même qu’on examinait sous ses yeux un projet de loi concernant les nouvelles technologies, si ça, c’est pas un vrai godillot complètement à côté de la plaque, je ne m’y connais pas !

Merci à DéputésGodillots.info, qui a sans doute encore pas mal de pain sur la planche, pour avoir insufflé toutes les informations de cet article en commençant son formidable recensement par mon excellent député-maire.

Halte à la connerie humaine à grande échelle via Le Monde !

cinéma vide© gillesklein Creative Commons BY-SA 2.0 Generic

Dans Le Monde daté de samedi-dimanche, on peut lire une tribune de Luc Besson, réalisateur, producteur, scénariste et râleur de son État, intitulée « Halte au piratage à grande échelle via Internet ! » Dans cet article acerbe, le bonhomme, un peu naïf ou très idiot au choix, se fait le franc-tireur de Mme Albanel en défendant, corps et âme (mais plus avec son corps qu’avec son cerveau) la riposte graduée ; en présentant les pirates comme des criminels, Internet comme Le Grand Vice de l’Humanité.
Il nous dit, voulant faire preuve d’un humanisme débordant, que « Certains internautes se cachent derrière une idéologie, celle de la « culture gratuite », oubliant au passage les centaines de milliers de salariés qui vivent de ce secteur. » Je crois comprendre ici qu’il n’aime pas la culture libre ; pardon, « gratuite », free as in free beer… Mais que pense M. Besson des centaines de milliers de salariés de Total qui ne touchent pas, comme un grand dirigeant trotskiste en a pourtant exprimé le souhait un certain jeudi soir dans son palais doré, 33 % des bénéfices de l’entreprise et qui ne peuvent ainsi pas se permettre de dépenser plus de 10 € pour regarder un film dans une salle de cinéma, au chaud, en mangeant des popcorns ?
« Il y a 500 000 vols de films par jour en France : 500 000 connexions illégales. Les internautes français détiennent ce triste record du monde. Voilà une bien mauvaise image pour le pays des droits de l’homme. », nous dit-il encore. Mais la France, ce pays des droits de l’homme qui tend à ne plus les respecter, s’il est bien discutable qu’elle détienne le record du nombre de films piratés par jour (le chiffre de 500 000 a été prouvé faux d’un facteur 5 au moins), ne conserve-t-elle pas pour autant le record du nombre d’entrées ? M. Besson, vous connaissez Taken, vous savez, ce film dont vous êtes un scénariste. Vous devez aussi savoir qu’il a généré plus d’un million d’entrées, alors même qu’il a été abondamment « piraté »… Je ne parlerais pas non plus de Bienvenu chez les Ch’tis, qui a battu La grande Vadrouille alors même que le pays des droits de l’homme était infesté de « pirates » comme M. Besson les aime appeler.
Si les Français qu’il semble tant dénigrer « piratent », cela devrait au contraire le satisfaire. À moins, bien sûr, qu’il se foute de la culture, autant que des internautes. Car qui n’a jamais lu le livre qu’un ami lui a prêté ? Qui n’a jamais regardé le DVD qu’un ami avait acheté ? Qui n’a jamais écouté le disque qui gisait sur le bureau d’un collègue, disque dont l’industrie déclinante devrait d’ailleurs s’évertuer à évoluer plutôt qu’à arrêter l’évolution ?
M. Besson présente, en outre, les « dealer » du droit d’auteur, qu’il érige au rang de criminels de la culture, en nous gratifiant d’un « en matière de délit, complicité vaut crime ». Il nous refait la loi, plaçant sur un pieds d’égalité l’infanticide et le complice du voleur d’abricots. Oui, M. Besson, vos « connaissances en droit sont limitées ». Elles sont même terrifiantes. Le code pénal stipule clairement que le complice d’un délit risque la peine qu’il aurait risqué s’il avait lui même commit le délit ; il ne risque pas pire, et il n’en est pas plus criminel. Crimes et délits ne sont pas la même chose… Libération dirait « c’est un non-sens », moi, je dis que c’est une erreur, que c’est faux, que vos propos, ici révélateurs de l’ensemble de votre tribune, sont un tissu de mensonges démagogiques.
Victor Hugo déclarait : « Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient —le mot n’est pas trop vaste— au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous. » Gageons que cela s’applique aussi aux films.
Le problème, voyez vous, c’est qu’Hadopi annihile les droits du spectateur, du « genre humain » au profit de ceux de l’auteur, de « l’écrivain »… Hugo serait ravi…

HADOPI : alertons nos députés

La Quadrature du Net a publié lundi dernier son dossier à charge contre la loi Hadopi, déjà votée par le Sénat en octobre et qui devrait être soumise à l’Assemblée Nationale début mars. Pour résumer en quelques lignes, puisque ce n’est pas l’objet de ce billet, cette loi instaure la fameuse « riposte graduée » qui peut aller jusqu’à la coupure de la connexion des internautes qui téléchargent illégalement. Une haute autorité, l’Hadopi (la haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet), à qui les majors vont dénoncer les internautes « hors-la-loi », a effectivement pour rôle d’avertir ces derniers puis de leur couper les connexions, et ce sans se soucier le moins du monde des droits et des libertés des citoyens, posant de nombreuses questions « d’ordre économique, technique et juridique, mais également des questions relatives au respect des droits et libertés fondamentales des citoyens. » (la Quadrature du Net)
Pour plus d’informations sur la loi, lisez l’article Wikipédia ou encore le dossier de la Quadrature.
L’April soutient la Quadrature du Net et a d’ailleurs été l’une des premières signataire de la pétition lancée par svmlemag.fr contre ce projet de loi, que je vous enjoins d’ailleurs aussi à signer si vous ne l’avez pas déjà fait : http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee. Cette pétition a d’ors et déjà recueillit les signatures de plus de 38 800 personnes.
Afin de montrer mon opposition à mon cher député (sait-on jamais…) et lui apporter les informations supplémentaires contenues dans le dossier de la Quadrature du Net, j’ai suivi le mouvement et lui ai envoyé le mail suivant ;

Monsieur le Député-Maire,
Vous avez été élu député de ma circonscription et, à ce titre, je me permets de vous adresser ma requête :
Vous allez être appelé à voter, au mois de mars prochain, une loi proposée par le gouvernement appelée « Création et Internet », plus connue sous le nom de loi Hadopi, qui instaure la riposte graduée. Étant très impliqué dans le monde informatique, et plus spécifiquement celui de l’informatique libre (et membre, à ce titre, de l’association APRIL, l’association pour la promotion et la recherche en informatique libre), je tiens par le présent courriel à vous signifier mon opposition à cette loi. Elle bafoue, en effet, plusieurs principes de base de notre démocratie, comme la présomption d’innocence (loi Française, elle même basée sur l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme) ou l’obligation de séparation des fonctions judiciaires et administratives (article 13 de la constitution Française voté en 1790), par exemple.
Comme vous le savez par ailleurs, l’Europe s’est opposée à cette loi et ne manquera pas de le faire à nouveau, de même que la CNIL, l’AFA, l’ISOC, et de très nombreuses autorités reconnues sur le plan international.
Cette loi, écrite pour les lobbys de l’industrie de la Culture, n’a d’autre but que de soutenir leurs modèles économiques vieillissants. En effet, les ventes records d’artistes tels que « Nine Inch Nails » ou « Radiohead », qui offraient pourtant gratuitement leurs albums musicaux à télécharger ; le succès massif de films comme « Bienvenue chez les Ch’tits » de Dany Boon ou « Taken » de Luc Besson, qui ont pourtant été parmi les plus piratés l’année dernière, montrent, s’il en était besoin, qu’aucune corrélation ne peut être établie entre téléchargement illégal et baisse des ventes.
Le partage de fichiers a par ailleurs considérablement démocratisé l’accès à la Culture, et suscité des appétits autrefois inimaginables, dont l’industrie de la Culture, même s’il ne s’agit plus des mêmes acteurs, continue largement de bénéficier.
Je joins à ce message un dossier d’une quarantaine de pages monté par la Quadrature du Net qui tend à démontrer la dangerosité de cette loi et sa malignité. Une pétition en ligne lancée par svmlemag.fr en réaction à cette loi a d’ailleurs déjà recueilli près de 39000 signatures (http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee).
À la lumière des documents que je vous fournis, je vous demande donc de ne pas voter en faveur de cette loi.
En vous remerciant d’avoir pris le temps de lire, je vous prie de croire, Monsieur le Député-Maire, à l’expression de mes sentiments respectueux.

En joignant, bien entendu, le dossier monté par la Quadrature du Net.
Si vous souhaitez faire de même, ce que j’encourage, vous pourrez trouver les coordonnées de votre député sur le mémoire politique de la Quadrature et copier ce mail ou un autre, ou même en rédiger un nouveau.

De l’esprit des rois

« Il y a dans, chaque État, trois sortes de pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit des gens, & la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil.
Par la première, le prince ou le magistrat fait des lois pour un temps ou pour toujours, & corrige ou abroge celles qui sont faites. Par la seconde, il fait la paix ou la guerre, envoie ou reçoit des ambassades, établit la sûreté, prévient les invasions. Par la troisième, il punit les crimes, ou juge les différends des particuliers. On appellera cette dernière la puissance de juger, et l’autre, simplement la puissance exécutrice de l’État.
Lorsque, dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n’y a point de liberté ; parce qu’on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques, pour les exécuter tyranniquement.
Il n’y a point encore de liberté, si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative & de l’exécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le pourvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire : car le juge serait législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d’un oppresseur.
Tout serait perdu si le même homme, ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques, & celui de juger les crimes ou les différends des particuliers. »

C’est en ces termes que Montesquieu défendait la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, seul moyen de garantir la démocratie et la liberté.
Dans notre République, le pouvoir exécutif appartient au Président, au Premier Ministre et à son gouvernement. Dans le cas présent, Sarkozy musèle complètement le gouvernement, supplante partout et tout le temps le Premier Ministre et les Ministres, tant et si bien qu’en l’état actuel, le pouvoir exécutif n’est qu’aux mains de notre omniprésident.
Le pouvoir législatif, ensuite, est lui théoriquement l’apanage du Parlement (que constituent l’Assemblée Nationale et le Sénat). Seulement voilà, depuis quelques jours a commencé l’examen par ladite Assemblée Nationale d’un projet de loi organique visant à contrôler totalement les députés (temps de parole plus contrôlé, droit d’amendement bafoué, et j’en passe), faisant passer cette institution déjà bien contrôlée par l’Elysée sous un joug encore plus féroce de l’exécutif, et donc du président.
Enfin, le pouvoir judiciaire aux yeux bandés appartient lui aux juges, indépendant de l’État. Le hic, c’est que notre omniprésident (encore lui), à défaut d’omniscience, est en quête d’omnipotence et a décidé, tout comme il l’avait fait pour la suppression de la pub sur france télévision, de supprimer les juges d’instructions, indépendants, pour les remplacer par des juges de l’instruction… complètement à la botte de l’État. Ces derniers dépendraient en effet du ministère de la justice, et donc du gouvernement, et donc de notre Président.
En conclusion, notre président contrôle totalement l’exécutif, musèle le législatif et tend à s’emparer du judiciaire. En plus de cela, l’ami des grands patrons de journaux qu’il est, en plus de la récente loi sur l’audiovisuel public, remettent grandement en question l’indépendance des médias, que l’on peut de nos jours qualifier de « quatrième pouvoir ».
Point d’espoir cependant, le Sénat a largement amendé le texte de la loi sur l’audiovisuel, atténuant un peu la prise de contrôle elyséenne en jouant pleinement son rôle de contre-pouvoir.

Bonne année 2009 !

Bonne année !

Geekscote bonnes résolutions

Des rives

Aujourd’hui, les journaux reprenaient l’annonce faite par le président hier d’un plan de relance à 26 milliards d’euros. Argent qu’il tire « de la dette » ; des sous venus de nulle part. Et France 2 de retransmettre une partie du discours de Sarko, qui côtoie terriblement le logo 3637 du téléthon, niché en haut à gauche de l’écran. Ah le téléthon, quelle hypocrisie, illustrée par ce paradoxe même ! On demande en effet aux gens de financer la recherche au travers de dons, eux qui ne subissent pas la crise, eux qui ne subissent pas le chômage, eux qui ne subissent pas la chute du pouvoir d’achat. Et l’État, dans ce cas, n’a plus d’argent, plus d’argent pour des enfants qui meurent, alors qu’il déniche des milliards pour des banquiers vieillis et sans doute en meilleure santé… Mais notre prince de président ne se préoccupe pas plus des sans-logis, qu’il veut forcer à s’entasser dans des locaux sales et malfamés. Une bien drôle de façon de résoudre les problèmes, dont les détracteurs sans taxés d’« extrémistes des libertés ».
Afin d’asseoir sa monarchie, notre roi s’empresse aussi de faire voter la loi sur l’audiovisuel public, véritable fiasco parlementaire. Au terme d’heures de débats inutiles, l’article qui permet à Sarkozy de nommer le président de France télévision, et surtout celui qui lui permet de le révoquer, sont passés. L’ORTF est de retour, et avec elle la fin de l’indépendance des médias.
Mais il y a pire : la prison dès 12 ans. Rachida Dati continue de la sorte sa casse du service juridique, déjà bien entamée avec la réforme de la carte judiciaire. Et puis, on ne connait toujours pas l’identité du père de son fils (qui, vu comme c’est lancé, risque de se retrouver en taule à 6 ans).
Enfin, je ne peux m’empêcher d’évoquer les propos que le porte-parole de l’UMP a tenu en début de semaine sur Europe 1. Lefebvre a en effet évoqué la détection dès 3 ans des troubles du comportement des enfants. Une sorte d’écho aux propos de Sarkozy candidat, ou bien une folle envie de créer un société à la Minority Report, je ne comprends pas vraiment ce qui a poussé ce parlementaire à tenir des propos autant choquant que ceux-ci…

22 novembre, petite histoire…

Samedi 22 novembre, notre Ubuntu Party a connu un vif succès. Retour sur ses origines et son déroulement…

Née du hasard, cette Ubuntu Party l’est sûrement. En fait, tout a commencé en mars dernier. À l’époque, j’étais en seconde ; ça a son importance puisque je suis entré en contact avec Patrice par l’intermédiaire de mon prof de physique d’alors (un alors malheureusement fini). Un Ubuntero dans les environs de Sarrebourg ? Sur le coup, j’avoue, ça fait presque un choque. D’autres personnes qui utilisent Ubuntu, qui savent ce qu’est un « logiciel libre » (voire un logiciel tout court, d’ailleurs), ici, à Sarrebourg, ni tout à fait la France, ni tout à fait l’Allemagne, je n’avais jamais songé que ça puisse exister. Toujours est-il que le 16 mars, je reçois le premier mail d’une longue série (pas encore finie, pour tout vous dire), au sujet plus qu’évocateur : « ubuntu party ». Le mot est lâché. La jour même, je répond. C’est fou ce qu’on se sent moins seul, d’un coup, mais je n’étais pas encore au bout de mes surprises. Dans la foulée, je met en place un wiki, puis un forum sur ce serveur même. Le 15 mars nous étions seuls. Le 16, nous sommes deux. De son côté, Patrice poste un message clé sur le forum Ubuntu-fr, et bien vite nous nous décuplâmes. Trouver une salle fut le premier réel problème. Patrice s’en est chargé. En fin de compte, à force de réunions plus ou moins utiles, où nous étions plus ou moins nombreux, nous sommes parvenus à nous faire une idée de l’évènement. Au fil du temps, l’équipe fluctue, prend forme. Un constat s’impose très vite ; nous ne sommes pas assez nombreux. Mais ici, n’est-il pas déjà miraculeux de pouvoir réunir une demi-douzaines d’adeptes du libre ? Cela suffira, pensions nous alors ; cela devra suffire.
Début novembre, les affiches sortent de l’imprimerie, le 12 elles envahissent la ville et ses alentours. La machine est lancée, la date est fixée, la salle est réservée depuis longtemps. Deux inconnues demeurent : le nombre de visiteurs, et le nombre d’organisateurs. La première est normale, la deuxième angoissante. Aux derniers comptes, nous sommes sept. Durant la soirée du vendredi 21 novembre, moi et patrices entamons la préparation de la salle, aidés de son frère. Quand je rentre chez moi, à vingt-deux heures trente, je suis dans le flou le plus total. Tout n’est pas prêt et dans onze heures et demi, les premiers visiteurs arriveront peut-être.
Quand j’arrive, le lendemain matin, à huit heures, le centre culturel est désert ou presque. Patrice y est déjà, mais nous ne sommes que deux. Au compte-gouttes, Yves, Steve, Ludovic et Didier arrivent. Finalement, nous sommes six, six ubunteros occupés en quasi-continu durant tout cette journée à expliquer, montrer, et répondre aux questions. Didier, qui nous apporte une quantité phénoménale de matériel, sauve sans doute notre journée car il pourra graver des CD. En effet, nous n’avons pas reçu les CD d’Ubuntu francisés envoyés par Ubuntu-fr à temps. C’était du moins ce que nous pensions, car le paquet tant attendu est en fait venu à onze heures, miraculeusement serais-je tenté de dire.
À dix heures, tout semble prêt ; un rouleau de scotch traine encore sur une table, quelques câbles restent à brancher, mais globalement tout fonctionne, et heureusement car à l’heure pile, un premier visiteur rentre dans la salle. Il est suivi de deux ou trois personnes. Puis d’une autre. Et encore une autre. Très vite, la salle se remplit de monde. Alors que j’explique à une dame l’origine et la nature des logiciels libres, Patrice montre à un autre homme le fonctionnement d’Ubuntu sur l’un des nombreux PC mis en place par nos soins (qui ont à peine suffit devant une affluence à laquelle nous ne nous attendions vraiment pas). La foule des visiteurs est hétéroclite (remarquez, nous le sommes tout autant !) ; connaisseurs, débutants, ubunteros, windowsiens, jeunes, personnes âgées, blancs, noirs, hommes, femmes : ce n’est pas un remake du discours d’Obama mais la plus stricte des réalités.
Entre midi, un peu de répit : c’est l’heure des premiers constats. Tout d’abord, notre vendeur de gâteaux (qui n’est autre que le prof de physique du début, la boucle est bouclée) en mange plus qu’il n’en vend ! Plus sérieusement, nous sommes tous autant étonnés : nous ne pensions pas voir défiler autant de monde.
Le casse-croûte est à peine fini que de nouveaux visiteurs arrivent, sonnant le début d’une nouvelle après-midi marathon, tout aussi dense que le matinée. Vers dix-sept heures, heure de fin prévue, il reste encore deux ou trois personnes. Dès leur départ, nous commençons le rangement de la salle.
Le bilan de la journée est clairement positif, la fréquentation et l’intérêt des gens nous ont vraiment surpris. Nous remettrons sans doute ça dans six ou sept mois, pour la sortie de la version 9.04 d’Ubuntu, en espérant être rejoints d’ici là par d’autres ubunteros (parce qu’à six, c’était juste).
Vient l’heure des remerciements :
Je remercie donc Patrice, véritable fédérateur qui a vraiment donné beaucoup de temps et d’énergie dans ce projet, et Didier (même s’il fait des sites pas aux normes), qui m’a permis de rentrer en contact avec lui. Je remercie bien sûr Steve, Ludovic, Didier (oui, un deuxième) et Yves pour nous avoir aidé à organiser et à animer cette journée, ainsi que l’ensemble des personnes qui sont venues et qui se sont intéressées aux logiciels libres pour leurs visites.
Voilà donc un peu l’histoire et le bilan de l’Ubuntu party sarrebourgeoise du 22 novembre, véritable réussite.

Rendez-vous dans six mois !

D’autres infos, des photos, … sur le site http://www.ubuntu-sarrebourg.org/.

Google : que dieu soit loué le moins cher possible…

Holly Google !

Règlement du programme AdSense, que les conditions générales AdSense obligent à respecter : « Les sites qui diffusent des annonces Google ne peuvent pas présenter de contenu : [...] à caractère blasphématoire ».
Et pan dans la liberté…

(La suite de la liste peut aussi faire très peur.)

Capture règlement google AdSense