Big Buck Bunny : Beau Boulot Blender !

Big Buck Bunny

Disponible depuis le 20 mai en DVD, proposé en téléchargement dès le 30, le court métrage libre Big Buck Bunny démontre à son tour la puissance du logiciel libre de 3D Blender. Ce « film », en production depuis octobre 2007, est le fruit du projet Peach Open Movie, lancé par la Fondation Blender ; de même qu’Elephant Dream, il va permettre d’améliorer le logiciel et d’en prouver les capacités, à l’industrie du cinéma notamment.

Un scénario amusant

Le premier grand contraste avec le projet Orange réside dans le scénario. Alors qu’Elephant Dream présentait une histoire complexe, Big Buck Bunny se veut amusant et léger. Et c’est réussi. L’action prend place à la lisière d’une forêt, par un jour ensoleillé. Le personnage principal, un lapin gigantesque et un peu pataud, émerveillé par la beauté de la nature et des papillons, est littéralement attaqué par trois écureuils moqueurs sans foi ni loi, qui tuent les papillons et bombardent notre pauvre léporidé de noisettes, de glands, et de tout ce qui leur passent sous la main (on a même droit à des bogues - étoiles de ninja :P ). Notre hardi lapin décide donc d’intervenir, et tel un Rambo sylvestre, de suite moins pataud, il va débarrasser la belle forêt des méchants écureuils.
On se retrouve donc avec un scénario très simple, mais aussi très agréable et drôle à de nombreux endroits.

Des graphismes époustouflants

Les personnages sont complexes (des poils sur les uns, des plumes sur les autres), mais extrêmement bien réussis ; ils ne sont pas sans rappeler les grands films d’animations que l’on peut voir dans les salles obscures. De plus, l’animation des ces « bêtes » est fluide et naturelle.
Les décors (tantôt la prairie herbeuse, où les brins d’herbes frémissent au vent, tantôt la forêt sombre) sont aussi très jolis, bien qu’un peu vides pour ce qui est de la clairière. On peut aussi regretter le faible mobilité de l’herbe, notamment lorsque qu’un personnage la piétine.
Un grand soin a été apporté à la création des personnages et à leur animation. On constate aussi l’omniprésence des particules (herbes, poils), ce qui explique les changements dans leur gestion au niveau de la version 2.46 (d’autres nombreuses modifications découlent aussi directement de l’expérience de ceux qui ont fait le film).

L’insitut Blender, prochains rendez-vous

Peach Open Movie marque aussi la création de l’Institut Blender, chargé de la gestion du projet et qui s’occupe, à partir de maintenant, de tous les projets de la Blender Fondation. Le second projet de cet institut est l’Apricot Open Game, qui vise à développer un jeu vidéo libre en 3D basé sur le film Big Buck Bunny. Débuté en février 2008, le développement de ce jeu, en python et avec l’aide du logiciel libre Crystal Space, devrait s’achever en juillet. Il est d’ores et déjà possible de précommander le DVD du jeu et, bien sûr, de commander le DVD de Big Buck Bunny.
Le court-métrage (réalisé sous Ubuntu !), de même que le jeu, est distribué sous licence Creative Commons Paternité 3.0, l’Institut Blender nous propose ainsi des contenus libres d’une qualité professionnelle.

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Blender, la 3D librement.

Ma tentative du jour sera, tout simplement, la description d’une des plus belles réussites du monde libre en matière de 3D : la suite d’animation, de modélisation et de rendu 3D Blender. Histoire, description, réalisations, je vais tenter de vous présenter ce “logiciel” de la meilleure manière possible…

Histoire d’une liberté chère payée…

Logo BlenderÀ ses débuts, Blender, qui s’appelait Traces, était un ray tracer propriétaire sur Amiga.
Sa production a ensuite été assurée par la société néerlandaise Not A Number Technologies, fondée en 1998, qui le distribuait en tant que partagiciel (logiciel propriétaire où l’accès à certaines fonctions nécessite l’achat d’une licence). Le logiciel devint finalement un graticiel, son auteur, Ton Roosendaal, ayant trouvé des investisseurs pour l’aider. Mais ces derniers n’y gagnaient pas grand chose si bien qu’en 2002, ils décidèrent de se retirer ce qui provoqua la faillite de Not A Number Technologies, entraînant logiquement la fermeture du site de Blender.
Cependant, la communauté des utilisateurs de Blender, apprenant la nouvelle, se reforma dans un forum de discussion et, le 18 juillet 2002, Ton Roosendaal, dans le but de créer la fondation Blender, parvient à racheter les droits d’auteur du logiciel pour, tout de même, 100 000 euros. Le but de cette association est de distribuer Blender sous licence GPL, ses sources furent donc dévoilées le 7 septembre 2002. Après des mois de travail pour réaménager le code source, la première version libre de la suite 3D sort le 11 février 2003 :) .

Possibilités infinies…

Les très nombreuses fonctionnalités que Blender nous offre sont d’une exceptionnelle qualité et permettent de réaliser des modèles sublimes. Il peut évidemment modéliser une scène 3D, mais aussi l’animer, ou même en faire un jeu grâce à la possibilité d’insérer des scripts Python. La suite gère aussi les effets et simulations physiques (grâce à Bullet), ce qui rend possible, entre autre, l’animation de fluides, de particules, de corps mous, et l’interaction entre objets. Blender permet également la gestion de la lumière et des ombres, ainsi que des textures et des couleurs. Il propose, enfin, des possibilités d’animations simple grâce à la cinématique directe et aux armatures.
À noter, tout de même, que la suite 3D propose l’import/export de divers formats de fichiers 3D (comme .obj, par exemple).
On peut donc sans trop prendre de risque annoncer de Blender qu’il permet de tout réaliser, pour peu qu’on y mette du temps.

Simplicité déconcertante…

Ce qui a longtemps rebuté les nouveaux utilisateurs de Blender est sa complexité, notamment aux niveaux des menus. Mais la libéralisation de la suite a entraîné, outre une internationalisation des textes, une simplification des menus qui en sont devenus très intuitifs. De nombreuses actions sont simplifiées grâce à des boutons aux noms évocateurs, ce qui fait de Blender une suite très simple d’utilisation, mêlant puissance et clarté.

Développement suractif…

Blender est certainement l’une des suites de logiciels libres qui évolue le plus rapidement ! La dernière version qui date de mai 2007, et estampillées 2.44, suit de très près la version 2.43 sortie trois mois avant. Quand on sait que chaque version apporte son lot de nouveauté, on comprend bien de travail titanesque des développeurs pour proposer sans cesse de nouvelles fonctionnalités.

Splash Screen 2.44

Le code source de Blender est composé (l’était en 2004, en tout cas !) de plus de 300 000 lignes de code, pour environ 69,49% de C, 29,30% de C++ et 1.01% de Python (le reste étant codé en divers autres langages). Il existe aussi de nombreux plugins plus ou moins utiles mais qui prouvent l’engouement que suscite Blender dans le libre, comme de le monde de l’informatique en général.

Orange Movie Project, Peach Open Movie et Apricot.

En plus de supporter le développement de Blender, la fondation du même nom initie des projets de réalisation d’animations et de jeux libres avec Blender et d’autres logiciels libres. Le premier et le seul achevé pour le moment est le projet Orange (Orange Movie Project) qui a conduit à la réalisation du court métrage libre Elephants Dream, terminé en mars 2006.
La fondation Blender a récemment lancé Peach Open Movie qui, dans la lignée du projet Orange, devrait permettre la création d’un court métrage humoristique. Elle a aussi lancé, dans la foulée, le projet Apricot qui, lui, devra se solder par la création d’un jeu, libre, en 3D. Ces deux derniers projets n’ont pas encore été commencés, mais vous pouvez d’ores et déjà télécharger et/ou visionner librement et gratuitement Elephants Dream sur ce site.

Installation.

Blender est dans les dépôts Ubuntu en version 2.43 : pour l’installer, tapez en console :
sudo apt-get install blender
Si vous voulez installer la dernière version, il va falloir compiler ! Rendez-vous sur cette page de la documentation ubuntu-fr qui vous explique comment faire.
Enfin, pour ceux qui ne sont pas sous GNU/Linux, la page de téléchargement de Blender vous proposera sans doute une version adaptée.

Voilà donc ce qu’il en est de Blender, dont les obscures origines heureusement abolies ne purent empêcher l’ascension incontrôlable vers les sommets de la 3D et même du monde open source, une suite à qui la liberté à grandement réussi.

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