À un peu plus de quatre mois des jeux olympiques de Pékin, la Chine intensifie sa répression et continue, malgré ses promesses au CIO, de bafouer les droits de l’Homme. La liberté n’existe pas dans cette dictature communiste qui contrôle tous les médias : télé, radio, journaux, internet. Les sanctions sont terribles, les conditions d’incarcération inhumaines, alors que les chefs d’accusation sont grotesques et hyperboliques. La presse est limitée, instrumentalisée à des fins de propagande ; Internet est censuré, bridé par un immense pare-feu ; c’est donc dans le silence que le régime de Hu Jintao opprime le Tibet, exploite et tue.
Dans cet enfer, pourtant, doivent se dérouler les prochains jeux olympiques. Ce rassemblement pacifique aura lieu dans une prison gigantesque, une cité interdite des plus liberticides.
Une presse muselée
La presse n’est pas libre ; elle est contrainte de taire les sujets qui fâchent. Tout ce qui concerne les minorités, la liberté et Falungong doit être passé sous silence. Chaque matin, les journalistes de la chaîne gouvernementale reçoivent sur leurs ordinateurs les sujets délicats et ceux dont ils ne doivent pas parler ; déroger à la règle revient à s’exposer à de lourdes peines.
Depuis août 2007, il est même interdit aux journalistes de « fabriquer et diffuser de fausses nouvelles sur les accidents et les désastre » ; ceux-ci doivent donc attendre un communiqué de l’agence gouvernementale Xinhua pour écrire leurs articles sur les catastrophes, les accidents et les troubles à l’ordre publique.
Presse, télé, radio : tout n’est que propagande.
Internet censuré
Le Web est contrôlé et censuré par des milliers de cybercenseur et de cyberpoliciers. Le pouvoir chinois surveille blogs et forums, n’hésitant pas à les bloquer et à interpeller leurs auteurs et participants. Les sites sont filtrés, certains interdits. Trois tibétains, parce qu’ils ont mis en ligne des photos d’une manifestation de nomades tibétains, ont été condamné à 3 à 10 ans de prisons pour « Espionnage pour le compte d’organisations étrangères mettant en danger la sécurité de l’État ».
Le Bureau de gestion de l’information sur Internet envoie chaque jour ses directives aux sites, afin qu’il ne parlent pas ou plus des sujets qui fâchent et qu’ils s’attardent plus sur ceux qui font l’éloge du gouvernement.
Heureusement, puisqu’Internet est international, il est difficile à censurer, ce qui offre aux dissidents chinois un média un peu plus libre, mais toujours aussi dangereux.
Une justice inhumaine
La justice, intransigeante et corrompue, envoie les directeurs de journaux plus libres et les cyberdissidents en prisons, dans les mêmes cellules que des criminels. Les conditions d’incarcération sont inhumaines. Les premiers mois, Pékin fait tout pour faire craquer les détenus, les gardiens sont violents, certains journalistes sont roués de coups. De plus, ils ne peuvent voir leur proche que très rarement, à travers une vitre, parlant avec eux grâce à des téléphones sur écoute. Dans ces mornes bagnes, point de soins : le cyberdissident Guo Qizhen, qui avait une jambe brisée lors de son arrestation, n’a jamais bénéficié d’un suivi médical adaptés. En plus de ça, la justice chinoise tue. La condamnation à mort est encore largement utilisée et les « coupables » ainsi exécutés fournissent 95% des organes greffés du pays.
Une région opprimée
La Chine revendique le Tibet et l’asservit. Les tibétains, devenus minoritaires par rapport aux chinois dans leur propre province, ne sont plus libres de pratiquer leur religion. Les manifestations, pourtant pacifiques, des moines sont durement réprimées. Le gouvernement du Tibet est ainsi contraint à l’exil et Pékin refuse pour le moment tout dialogue avec le Dalai Lama.
De l’art et la manière…
Malgré cela, je ne suis pas favorable à un boycott des Jeux ; le sport ne doit pas être mêlé à la politique. Cependant, je trouve inconcevable de laisser ces olympiades se dérouler sans réagir ; cela reviendrait à approuver la Chine, à tolérer ses atrocités. La proposition de Reporters Sans Frontières aux chefs d’États de boycotter la cérémonie d’ouverture est une bonne idée, mais il faut aussi et surtout informer ; mettre au courant le monde de la situation en Chine et au Tibet. La Chine continuera malheureusement d’être une dictature après les JO, il ne faut pas l’oublier : les médias en parlent peut-être aujourd’hui, mais l’année prochaine ils n’en parleront plus, même si la situation demeure la même.
D’autre part, il ne faut pas perdre de vue que partout dans le monde les droits de l’homme sont bafoués tous les jours, à chaque instant, et qu’il n’y a pas de gradation dans l’horreur : la situation chinoise n’est pas moins importante que celle, par exemple, de l’Iran ou de l’Irak, mais ne vaut-il pas mieux combattre certaines de ces dictature plutôt que de ne rien faire sous prétexte qu’on en oublierait ?
La défense des libertés et des droits de l’homme doit paraître d’une naïveté affligeante à qui n’aime pas l’Humanité. Cependant, ce n’est pas mon cas.